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bce2.jpgBRUXELLES (Reuters) - Le ralentissement attendu de la croissance au sein de la zone euro après le rebond du troisième trimestre et la poursuite de l'accélération de l'inflation en novembre renforcent le dilemme de la Banque centrale européenne dans la conduite de la politique monétaire.

Les prix à la consommation ont augmenté de 3,0% en novembre en rythme annuel, après une hausse de 2,6% en octobre, selon l'estimation instantanée publiée par Eurostat.

Il s'agit du taux le plus élevé observé depuis mai 2001, lorsque l'inflation était ressortie à 3,1%. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne un taux légèrement à 2,9% en novembre.

La BCE dont le conseil des gouverneurs se réunit jeudi prochain doit statutairement maintenir des taux d'inflation à des niveaux un peu inférieurs à 2% à moyen terme.

Elle a maintenu ses taux directeurs inchangés depuis le mois de septembre afin de se donner le temps d'évaluer pleinement les conséquences pour l'économie de la crise du crédit déclenchée par les difficultés du marché des crédits hypothécaires à risque aux Etats-Unis (subprime).

La BCE a annoncé de nouvelles mesures vendredi pour couvrir les besoins de refinancement des banques en fin d'année alors que leur demande de liquidités a poussé les taux du marché monétaire en euro à un niveau pic de six ans et demi au-dessus de 4,8%.

Dans le même temps les économistes s'attendent à un ralentissement de la croissance en fin d'année qui plaiderait pour un assouplissement de la politique monétaire.

"Nous avons le sentiment que nous sommes entrés dans une phase de croissance légèrement inférieure à la tendance de long terme qui devrait durer au moins jusqu'au printemps 2008", prévient Marco Valli, économiste chez Unicredit.

"Alors que le calme n'est pas revenu sur les marchés financiers et que l'euro peut encore s'apprécier, les risques pour la croissance sont plutôt à la baisse", ajoute-t-il.

La croissance a toutefois rebondi au troisième trimestre, Eurostat ayant confirmé vendredi une progression de 0,7% du PIB de la zone euro (+2,7% en rythme annuel) après une expansion de 0,3% au trimestre précédent.

La croissance a été tirée par la consommation des ménages, l'investissement des entreprises et les variations de stocks qui ont plus que compensé la contribution négative du commerce extérieur.

La consommation des ménages devrait toutefois ralentir au quatrième trimestre comme le laisse augurer le recul de 3,3% des ventes au détail en Allemagne en octobre sur un mois.

"Cela plaide pour que la BCE ne fasse rien pendant une période prolongée", a déclaré Dominic Bryant, économiste à la banque BNP Paribas.

VERS UNE BAISSE DES TAUX ? Eurostat ne publiera pas le détail des composantes de l'indice harmonisé des prix avant le 14 décembre mais les économistes attribuent la poussée de l'inflation aux hausses des prix alimentaires et énergétiques.

"Les risques inflationnistes augmentent à court terme alors que la dynamique de croissance ralentit à plus long terme. La politique de taux d'intérêt est dans une réelle impasse, avec des taux directeurs qui devraient rester inchangés pendant quelques mois", estime David Brown, économiste chargé de l'Europe chez Bear Stearns International.

Selon l'enquête mensuelle de confiance de la Commission européenne, les anticipations d'inflation des chefs d'entreprise comme des ménages sont orientées à la hausse au mois de novembre et bien supérieures à leur moyenne de long terme.

"L'inflation va sans aucun doute rester bien supérieure au seuil de 2% l'an au cours des prochains mois", souligne Christoph Weill, économiste à la Commerzbank.

"L'effet de base lié au prix du pétrole ne disparaîtra pas avant le printemps prochain. Pour autant, nous ne considérons pas qu'il y ait des menaces inflationnistes sérieuses au sein de la zone euro à moyen terme".

"Dès que l'inflation montrera des signes d'apaisement alors que l'économie ralentira, la BCE devra renoncer à la politique de relèvement des taux d'intérêt. Nous continuons d'anticiper une première baisse de taux à la fin de l'année prochaine" a dit Weill.

Tag(s) : #articles de presse
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