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 Malgré le ralentissement de l'économie mondiale, les performances économiques de l'Afrique restent satisfaisantes depuis l'année 2003 avec un taux de croissance de 5,8% en 2007, soit une légère amélioration par rapport aux 5,7% de 2006, apprend-on d'un nouveau rapport des Nations unies.

Dans leur rapport "Situation et perspectives de l'économie mondiale, 2008", les Nations unies attribuent la forte croissance économique du continent africain à l'importante demande intérieure, à la production minière et gazière en pleine expansion et au redressement observé après une longue période de récession économique dans plusieurs pays, en particulier dans les pays émergeant d'une situation de guerre ou de troubles civils.

Malgré ces résultats positifs, le rapport de l'ONU met en garde contre les risques de recul qui se profilent à l'horizon.

"Tout ralentissement significatif de l'économie mondiale réduira la demande d'exportations, provoquera une importante chute des prix des produits de base, et freinera, par conséquent, les perspectives de croissance du continent africain.

"En outre, l'inversion subite des flux de capitaux privés dans certains pays ainsi que la hausse des cours du pétrole associée à la faiblesse des flux de l'aide par rapport aux attentes, pourraient limiter l'investissement aussi bien public que privé et, par conséquent, poser de sérieux risques au redressement économique actuel", affirme le rapport

Leonce Ndikumana, un économiste de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), qui s'exprimant jeudi, à Addis-Abeba, à l'occasion du lancement du rapport en Afrique, note que la croissance enregistrée sur le continent africaine n'est pas diversifiée.

M. Ndikumana, qui dirige la Section d'Analyse macroéconomique de la CEA, a également fait valoir que la croissance africaine n'a pas donné lieu à des créations d'emplois, tandis que le fait que la lente augmentation des revenus des populations ne permet pas de compenser les effets de la hausse des prix des produits de base, demeure l'une des principales sources de préoccupation.

"La pression restera forte tant que les prix du pétrole continueront de croître", a-t-il expliqué, ajoutant que les décideurs du continent doivent lutter pour la création d'opportunités d'emplois en faveur de leurs populations.

Si l'Afrique veut accélérer et soutenir la croissance en allant au-delà de la forte progression actuelle des produits de base, il lui faut tenter d'élargir les bases de sa croissance économique en diversifiant son économie et en améliorant sa productivité dans les secteurs agricole et industriel, suggère encore le rapport.

Toujours selon le rapport, les performances économiques de l'Afrique subsaharienne, à l'exception du Nigeria et de l'Afrique du Sud, ont connu une amélioration en 2007, atteignant le taux de 7%, contre 6,1% en 2006.

Pour sa part, l'Afrique du Sud a maintenu un taux de croissance relativement solide (4,8% en 2007), une situation résultant de l'essor des secteurs de la construction et des mines et de l'augmentation des investissements dans le secteur privé.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) du Nigeria a connu une légère accélération, en partie stimulée par la forte croissance des secteurs non-hydrocarbures et la rapide croissance de l'investissement public, affirme la rapport.

Par ailleurs, la forte croissance des secteurs de la construction, de la manufacture et des services a dopé l'activité économique en général de certaines économies encore dominées par l'agriculture, notamment au Burkina Faso, en Ethiopie, au Kenya et en Tanzanie.

De solides performances du secteur agricole ont accompagné les pics de croissance générés par la hausse des prix des produits de base en Angola, pays exportateur de pétrole, ainsi qu'en Sierra Leone et en République démocratique du Congo, des pays dépendants de la production minière.

La croissance du PIB s'est modestement rétablie en République centrafricaine, soutenue par l'augmentation des flux de l'aide et l'investissement intérieur.

"De même, l'accord de paix de Ouagadougou, signé en mars 2007, devrait, s'il est pleinement mis en oeuvre, améliorer la situation politique et sécuritaire, réduire l'insécurité économique et susciter un redressement économique en Côte d'Ivoire en 2008", constate encore le rapport des Nations Unies.

En outre, le rapport ajoute que la croissance du PIB a connu un ralentissement au Tchad et au Zimbabwe, une situation attribuable aux tensions notées dans la situation sécuritaire et sociale à N'Djamena et aux tensions sociopolitiques persistantes ainsi qu'aux mauvaises politiques économiques appliquées à Harare.
"source PANA"

Tag(s) : #articles de presse
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