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La plus grande des banques privées, la Biat, vient de tenir son assemblée générale. Une AGO qui s’est tenue dans le calme, si ce n’est cet actionnaire étranger qui a été le seul à se lever pour exprimer son mécontentement des résultats de la banque. Une attitude que les membres du Conseil d’Administration n’ont pas su accepter et on pris l’actionnaire étranger à part, dans un coin des couloirs de l’hôtel où s’était tenue l’AGO de la Biat (Banque internationale arabe de Tunisie). Une assemblée présidée par un Slah Lajimi et qui présentait un bilan qu’il ne pouvait pas totalement endosser.Des résultats jugés insuffisants !

Tout est presque bien, dans cet exercice 2007 de la Biat. Un total bilan en hausse de 17 % qui s’inscrit à presque 4835 MDT, des dépôts de la clientèle en augmentation de 18,3 % à presque 4097 MDT, des clients qui prennent de plus en plus crédit puisque ce ratio a évolué de 6,7 %, un PNB tout aussi en hausse de 7,8 %, le plus important de la place à 228,6 MDT et enfin un RN bénéficiaire de 21,5 MDT. Même le ratio de couverture des risques s’inscrivait à la hausse, passant de 8,9 % en 2003 à 14 % en 2007, avec une petite évolution de 0,1 % d’une année à l’autre (2006 à 2007).

L’exercice 2007, a aussi été marqué par une importante augmentation du capital de 50 MDT, le lancement d’une deuxième opération de titrisation où la Biat a cédé 50 MDT de crédits hypothécaires. Il aura été aussi marqué par les premiers pas de l’internationalisation de la banque, qui ouvre un bureau de représentation en Libye et l’introduction d’une demande officielle pour l’ouverture d’une banque en Algérie. Une banque qui commence aussi à se soucier (signe peut-être du début d’une nouvelle ère qui débute avec sa nouvelle direction) de sa croissance. Fin 2007 en effet, elle engage le cabinet McKinsey pour une mission de conseil qui devrait conduire la Biat à «explorer toutes les voies possibles afin de réussir sa croissance future dans les meilleures condition». Une mission, dont les dirigeants de la banque refuseront d’indiquer les honoraire, même lorsque la question leur sera posée par l’un des actionnaires.

Seul couac dans ce tableau «idyllique» de la plus grande banque privée de la place de Tunis, le résultat. Il est certes bénéficiaire de 21,5 MDT et qui augmente même depuis 2005 où il n’était que de 19,1 MDT. Mais un résultat trop petit pour la taille de la banque. Un RN plus petit que «la plus petite» des banques privées de la place. Seul à le faire remarque, mais qui n’est pas des moindres, le représentant de Natixis, un actionnaire qui siège dans le Conseil. «Nous ne sommes pas satisfaits de la rentabilité de la banque qui n’a pas cessé de se dégrader», dira-t-il en substance.

Ratios de rentabilité de la Biat

  2003 2004 2005 2006 2007
RN / PNB

14 %

9,4 %

10,7 %

9,9 %

9,4 %

RN / FR moyen

9,2 %

6,6 %

7,2 %

6,3 %

5,3 %

RN / Actif moyen

0,76 %

0,5 %

0,55 %

0,54 %

0,48 %

Il est en effet des chiffres, dans le propre rapport de la banque, qui ne le démentiraient pas.

Une énorme masse salariale de plus de 90 MDT.

L’explication de ce «mauvais» résultat, dénoncé par le représentant de Natixis, l’important volume des salaires que dispense la banque. Il aurait été plus édifiant d’avoir le détail de cette masse salariale et notamment les salaires des dirigeants et ce que reçoivent les membres du Conseil, mais on va quand même s’en tenir à ce grand volume. En 2007 donc, cette masse salariale de la Biat s’était établie à presque 91 MDT (plus exactement 90,8 MDT). Une masse qui a même évolué de presque 10 % (plus exactement 9,8 %). Le salaire annuel moyen d’un employé de la Biat, décrit par la banque même, comme «supérieur à celui du secteur bancaire », est ainsi de 38624,7 DT ce qui correspond à un salaire mensuel de 3218,7 DT. Il dépasse en effet de loin, ce que pourrait même toucher un Pdg d’une entreprise publique. Une masse salariale qui constituerait un handicap ou tout au moins qui serait derrière ce petit résultat qui ne traduirait pas l’importance de la banque qui devait être en relation avec sa rentabilité, selon le représentant de Natixis.

On ajoutera cette remarque qui nous a été faite par certains actionnaire, au moment où la banque engage un cabinet international et lui donne pour mission de la conseiller sur les meilleures voies possibles pour réussir sa croissance et pour «gagner l’avenir», compte tenu des évolutions qui s’opèrent au niveau des métiers et de l’environnement bancaire en Tunisie. Nombre d’actionnaires, se posaient en effet des questions sur l’age moyen des membres du conseil.
"source A.M le 02.06.2008"

Tag(s) : #articles de presse

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