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Publié le vendredi 24 avril 2009 à 16:15 Fillon et Ghannouchi, lors de la clôture du forum de l'UTICA et du MEDF.
François Fillon, Premier ministre Français et son homologue tunisien Mohamed Ghannouchi viennent de présider la clôture du forum économique tuniso-français organisé par l’UTICA et le MEDEF sous le thème « Innovation et productivité, une réponse commune pour sortir de la crise ».


Dans la salle de conférence, du somptueux bâtiment de l’UTICA, c’est à une procession de ministres tunisiens et français que nous avons assisté. Dominique Bussereau, ministre du Transport, Valéry Pecresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, notamment côté français, Ridha Touiti, ministre du Commerce, Afif Chelbi, ministre de l’Industrie, Hatem Ben Salem, ministre de l’Education…côté tunisien. Tous, un peu bousculés par le temps, ont dit tout leur engagement de pousser vers l’avant un partenariat tuniso-français déjà dense en martelant quatre maître-mots : compétitivité, productivité, innovation et formation. Des discours qui semblaient rassurer les dizaines de chefs d’entreprises français, et tunisiens qui guettent les opportunités pour entrevoir le bout de tunnel de cette crise économique qui laisse augurer des lendemains incertains.

Hédi Jilani, maître de céans, a lancé un appel solennel : « Aujourd’hui, nous avons plus que jamais besoin les uns des autres. Mobilisons-nous pour développer plus d’échanges, plus de productivité, plus de compétitivité et donc plus de croissance ». Et puis comme pour allécher les patrons français, dont des membres du CAC 40, le Président de l’UTICA s’enorgueillit : « L’environnement des affaires en Tunisie a été grâce aux profondes réformes initiées par le Président Ben Ali, refondé dans ses plus fins détails pour permettre l’ancrage de l’économie tunisienne à l’économie mondiale de façon générale, et à l’économie européenne, plus particulièrement ».

M. Ghannouchi : la crise freine l’élan de notre économie
Mohamed Ghannouchi, Premier ministre tunisien.Mohamed Ghannouchi, Premier ministre tunisien a exhorté, quant à lui, les communautés d’affaires des deux pays à s’engager dans un cercle vertueux de partenariat, de productivité, d’innovation et de croissance pour imprimer un nouvel élan à nos relations en vue d’un meilleur positionnement pour affronter les effets de la crise. « La France dispose d’un réseau de PME dynamiques, innovantes, de groupes puissants, à la pointe de l’innovation et de la créativité, et qui ont de grandes capacités d’exportation, une importante capacité à investir dans les grands projets de coopération industrielle et technologique, selon un partenariat gagnant/gagnant". Mohamed Ghannouchi reconnaît la vulnérabilité de l’économie tunisienne de la crise « certes la crise freine quelque peu l’élan de notre économie, elle n’altère pas cependant la capacité d’investissement, et n’entame pas notre détermination pour maintenir le cap ». Le Premier ministre tunisien a cité les grands projets en devenir en Tunisie, dont la raffinerie de pétrole de Skhira de 6 millions de tonnes qui sera réalisée avec un pays du Golfe. «Ce projet et tant d’autres offrent de sérieux atouts aux entreprises pour les aider à mieux résister aux effets de la crise et à mieux se positionner dans l’après-crise». Le chef du gouvernement tunisien a conclu en se référant à une définition chinoise de la crise : la crise est un danger, il faut savoir s’en prémunir, mais c’est aussi une opportunité, sachant exploiter la facette opportunité ensemble, on peut le faire sur de bonnes bases»

Livraison anticipée de deux Airbus A 320
François Fillon, Premier ministre français.La parole a été donnée par la suite à François Fillon, Premier ministre français, qui a loué les liens exceptionnels tissés au fil des années et la confiance qui rassemble la Tunisie et la France, qui peuvent et doivent nous rendre plus forts dans l’adversité », estimant qu’"à l’issue de cette crise, la hiérarchie des nations sera substantiellement modifiée (…). Une chose est certaine : aucune nation ne peut espérer s’en sortir en faisant cavalier seul".

La France, dira le Premier ministre français, est votre premier client et votre premier fournisseur. Elle est le premier employeur étranger en Tunisie, avec 1200 entreprises employant 106 000 personnes. 600 000 Tunisiens ou Franco-Tunisiens vivent en France, 80 000 visas sont délivrés chaque année, et 10 000 jeunes tunisiens étudient en France et les Tunisiens sont les plus nombreux dans la prestigieuse école française polytechnique. Les échanges commerciaux entre nos deux pays sont supérieurs à 7 Mds d’euros par an, dépassant les échanges de la France avec le Brésil, l’Inde ou de la Corée".

François Fillon qui appelle à enrichir le partenariat tuniso-français par l’investissement et l’innovation, n’a pas manqué de pavoiser : "tous les engagements pris lors de cette visite ont été tenus".

Exclusivement économique, et riche en accords, la visite du Premier ministre français a vu la signature, sous son œil vigilant, de deux conventions financières dans le domaine des infrastructures de l’eau, et de l’accord de coopération dans le domaine du nucléaire civil. "Cet accord amorce un changement de dimension à la coopération à la fois économique et industrielle ; entre la France et la Tunisie eu égard à l’impact positif de l’énergie nucléaire sur les plans environnemental, économique et énergétique". La Tunisie et la France ont signé également un partenariat global dans le domaine des transports urbains et ferroviaires. "Il s’agit de faciliter le partage d’expériences et de coopérations industrielles, de valoriser la bonne coopération entre l’opérateur tunisien Transtu et les entreprises françaises, dont nombre sont présents aujourd’hui. Ainsi 16 nouvelles rames de métro seront achetées par la Tunisie du Français Alstom pour un montant de 65 millions d'euros. Par ailleurs, deux airbus A 320 seront livrés par anticipation à la Tunisie".

Le Premier ministre français a encore déclaré que «les financements français, concessionnels ou non, sont largement mobilisés pour soutenir les grands projets tunisiens, affirmant sa détermination d’aller encore plus loin et de bâtir dans la durée en misant sur l’éducation, la formation et l’innovation. C’est ainsi qu’outre les innombrables accords de partenariat entre les pôles tunisiens et français dans les nouvelles technologies, le textile et l’agro-industrie dont de nouveaux accords seront signés cet après-midi, en sa présence au pôle El Ghazala, "15 millions d’euros seront mobilisés par la France pour le financement de l’école d’ingénieurs de Bizerte et faire de sorte qu’il sorte rapidement de terre".

Par ailleurs, la France a décidé de mobiliser par anticipation les 40 millions d’euros de subventions prévus pour la formation professionnelle dans l’accord de gestion concertée des migrants et de développement solidaire qui est sur le point d’être ratifié par le parlement français.

Pour la première fois, une ligne de crédit de 40 millions d’euros pour l’achat de produits français par les PME tunisiennes exportatrices a été mise en place pour accompagner le formidable potentiel des investissements français en Tunisie. Ainsi, 1 000 PME françaises sont installées en Tunisie, 9 000 y exportent. Parallèlement, près de 2 500 entrepreneurs tunisiens sont actifs en Ile de France.

François Fillon a encore indiqué que "la Tunisie, grâce à une gestion prudente, a des fondamentaux solides et présente des résultats impressionnants, c’est ce qui lui vaut sa bonne notation sur les marchés internationaux des capitaux comme auprès des investisseurs étrangers", tout en ironisant à l’endroit de son homologue tunisien « même s’il faut prendre avec beaucoup de réserves les agences de Rating après les derniers succès qui ont été les leurs au cours de la dernière période ».

Gaza a rendu compliquée l’UPM
Au sujet de la crise financière, François Fillon a noté qu’aucun pays n’est épargné par ses retombées sur l’économie réelle, caractérisée partout par un ralentissement des exportations et le tarissement des entrées de capitaux.
De Tunis, François Fillon a plaidé pour une régulation financière internationale, rappelant le combat de la France au cours des G20 de Washington et de Londres, car, dit-il « nous savons tous que quand la crise se terminera personne ne voudra entendre parler de régulation".. Il a, au passage rappelé une boutade de Silvio Berlusconi -dont le président du conseil italien est coutumier- "les institutions financières du Sud ont été meilleures parce qu’on ne parle pas anglais".

Le chef du gouvernement français s’est inscrit en faux contre toute tentation protectionniste ou de repli sur soi, rappelant que les mesures protectionnistes ont été les grands accélérateurs de la crise des années 30.
François Fillon a confirmé l’engagement de la France de maintenir son effort financier pour le développement économique et social en Tunisie. "Votre pays est le premier bénéficiaire au monde des prêts de l’agence française de développement (AFD). Au moment où les marchés de capitaux deviennent plus incertains, la Tunisie peut compter sur cette ressource". La France va même plaider la cause de la Tunisie auprès de ses collègues européens pour maintenir et augmenter les flux financiers communautaires vers la Tunisie". Il a exprimé la disposition de la France à accompagner la Tunisie dans l’approfondissement de ses relations avec l’Europe. Le négociations qui s’ouvrent sur la libéralisation des services et du commerce agricole, et sur le partenariat doivent en être l’occasion".

Evoquant, à juste titre, l’Union pour la Méditerranée, il a noté que l"’UPM avec ses projets à géométrie variable, est aussi un instrument d’intégration régionale à l’échelle des défis que recouvre notre mer commune", reconnaissant que la crise de Gaza l’a rendue plus compliquée. Il signale toutefois qu’ « aussi bien le Président Ben Ali, avec qui j’ai eu un entretien ce matin, que moi-même, demeurons persuadés que nous ne devrons pas nous arrêter à cette crise, car l’UPM est une solution et non un problème ».
Selon François Fillon, la complicité entre la Tunisie et la France est telle qu’il se sent parmi nous un peu comme en famille, c’est pour ça qu’après ces deux jours de visite dense en entretiens et en signatures d’accords, François Fillon va s’offrir un week-end privé dans nos murs, histoire de découvrir la facette farniente de la Tunisie.
H.J.
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