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La forêt de Gammarth fait partie du littoral à dunes recouvertes d’un boisement forestier (comme Zoueraâ, Bizerte, Dar Chichou- Haouaria, Oued Abid, Medfoun-Enfidha, Ghedhabna-Mahdia). La plupart des forêts littorales en Tunisie, zones à protection intégrale,  sont des forêts artificielles plantées au début du siècle dernier pour contrer l’impact des vents dominants  NO- SE et stabiliser le sol. Tout en offrant un habitat pour la faune, elles contribuent à l’enrichissement de la diversité biologique  et fixent les dunes. Créée dans les années 40-50, la forêt de Gammarth a été décrétée zone protégée aux premières années de l’indépendance et rattachée à la Direction des forêts comme d’ autres zones similaires. 

Cependant, le littoral tunisien, qui s'étend sur plus de 1.300 Kilomètres de côtes en majorité constitués de plus de 36.000 hectares de dunes littorales immobilisées à plus de 70%, a subi des dégâts lourds quant à la détérioration des rivages et l’équilibre écologique. L’ex-ministre de l’Environnement et de l’Aménagement du Territoire, Mehdi Mlika, ordonne en 1995 la création de l'Agence de protection et d'Aménagement du Littoral. A l’origine, cette agence avait pour mission la gestion des zones à risques afin de  les protéger contre les menaces de toutes sortes dont les tentatives «d’empiètement». Elle bénéficia dans ce cadre de subventions consistantes de la part de la coopération française, du Fonds mondial pour l’Environnement ainsi que du Programme des Nations unies pour le Développement. Rien d’anormal jusque-là, sauf que cette «honorable» institution va dévier de sa vocation essentielle.

 

La forêt devient une zone urbaine ! 

 

 L’APAL va se charger de la gestion du littoral dans sa totalité, y compris donc les forêts littorales, éliminant ainsi la Direction des forêts. Or, l’APAL, organe de l’Etat voué à un rôle extraordinaire de protection et de conservation des côtes, mission du reste applaudie par la communauté internationale, va être transformée en une agence immobilière au service de la «famille». A partir de là, tout devient possible. Ainsi des pans entiers du littoral faisant partie du Domaine maritime Public (pourtant incessible et indivisible) sont déclassés pour servir de lotissements pour la construction. Le cas de la forêt de Gammarth mais aussi des lagunes de Hergla ou de Lella Hadhria (Djerba) entre autres. Si ces deux derniers projets touristiques (signés Leila Ben Ali) ne verront pas fort heureusement le jour, la forêt de Gammarth a subi des plaies visibles depuis la colline de Sidi Bou Saïd. Une large tache de «surfaçaire» blanc au milieu de la verdure.

 Une colline, une forêt et le chant des oiseaux. C’est le décor dans lequel devait être planté le gigantesque projet immobilier «La Baie de Gammarth». Il s’agit là, de l’un des plus grands projets immobiliers jamais réalisés sur les côtes tunisoises. C’est un immense complexe résidentiel haut de gamme, le dernier chantier de l’ère Ben Ali. Le choix de l’implantation du projet a été dicté par « un site où s’épanouit une forêt dense de pins et d’eucalyptus », dixit le message de présentation. Le promoteur de ce petit Sidi Bou Saïd de quelque 200 appartements et d’une soixantaine de villas (dont une a été acquise par Alliot Marie, l’ancienne ministre des Affaires étrangères)  est Aziz Miled, un ami de la « famille ». Pour l’instant, c’est un chantier boueux et des bungalows sans portes ni fenêtres. La marina construite également sur des terrains protégés mais déclassés est désormais dans le collimateur des commissions d’enquête. Les conditions d’attribution des terrains au  bord du littoral sont étudiées à la loupe. Les autorisations de bâtir sont pour le moment suspendues, tout comme pour les acheteurs de 240 parcelles à Carthage.

 

Une énorme dalle de béton

 

A Carthage, à Gammarth et dans d’autres sites protégés, les priorités spéculatives ont primé sur les considérations environnementales. Le domaine public maritime, patrimoine de la nation, n’a aucune importance aux yeux de ces spéculateurs. En tous les cas, ce genre de défaillances montre clairement les limites de la politique environnementale du régime Ben Ali avec peu de progrès accomplis en termes de maîtrise foncière sur le littoral (si bien que les zones sensibles n ’ont pas encore été soustraites aux pressions ); avec des projets développés et réalisés sur le littoral sans évaluer les impacts environnementaux, comme l’aéroport d’Enfidha (zone de nidification); avec de nombreuses études menées et peu d ’expérience concrète de protection du littoral. Déjà, le littoral tunisien subit une forte pression avec 95% des unités hôtelières, 80% des zones industrielles et 63% de la population du pays. Il ressemble à une énorme dalle de béton qui représente plus de 40% de la superficie totale des zones littorales. L’invasion du béton et du bitume et la forte concentration des principales activités économiques sur la bande côtière se sont accompagnées d’une sous-estimation des contraintes écologiques qui a généré des impacts négatifs sur les écosystèmes côtiers. Les sites classés sensibles situés sur le littoral sont de plus de 22 mille hectares. L’APAL a procédé aux acquisitions de terrains en vue de protéger les sites classés sensibles contre la spéculation foncière. Pourtant, la forêt et la baie de Gammarth, les lagunes de Hergla et Lella Hadhria… disent le contraire. 

Il s’agit là, de l’un des plus grands projets immobiliers jamais réalisés sur les côtes tunisoises. C’est un immense complexe résidentiel haut de gamme, le dernier chantier de l’ère Ben Ali. Le choix de l’implantation du projet a été dicté par « un site où s’épanouit une forêt dense de pins et d’eucalyptus », dixit le message de présentation. Le promoteur de ce petit Sidi Bou Saïd de quelque 200 appartements et d’une soixantaine de villas (dont une a été acquise par Alliot Marie, l’ancienne ministre des Affaires étrangères) est Aziz Miled, un ami de la « famille ». Pour l’instant, c’est un chantier boueux et des bungalows sans portes ni fenêtres. La marina construite également sur des terrains protégés mais déclassés est désormais dans le collimateur des commissions d’enquête. Les conditions d’attribution des terrains au bord du littoral sont étudiées à la loupe ?

 

Tag(s) : #politique
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