Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Avec la porosité des frontières, qui facilite au crime organisé sa sale besogne, et la présence d’Al Qaïda au Maghreb islamique aux portes de la Cedeao, les pays de l’Afrique de l’ouest et du Maghreb ont décidé d’unir leurs forces pour faire face au blanchiment de capitaux ainsi qu’au financement du terrorisme.

Aucun pays de la sous-région ne peut éradiquer, à lui seul, le blanchiment d’argent et lutter efficacement contre le terrorisme qui est désormais présent aux portes de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest avec Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Fort de ce triste constat, les pays de la Cedeao et certains du Maghreb (Algérie, Maroc, Mauritanie, Tunisie), ont décidé, sous l’égide du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba), de mener une lutte concertée contre ces fléaux. Ils tiennent ainsi, depuis hier, à Dakar, un atelier de formation en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (Lba/Ft) à l’endroit du secteur financier issu de ces pays. Cette rencontre vise à outiller des formateurs qui vont démultiplier les connaissances reçues au niveau de leurs pays respectifs. L’atelier couvre plus particulièrement les différentes obligations qui s’imposent aux banquiers, spécifiquement, à savoir l’obligation de vigilance, l’obligation de contrôle et celle de déclaration de soupçon.

‘Ces assujettis ont une obligation très essentielle de déclaration de soupçon. Quand ils se rendent compte qu’il y a des opérations avec des montants douteux, ils doivent le signaler à la Cellule de traitement de l’information financière’, note Dr Ndèye Elisabeth Diaw, directeur adjoint du Giaba. Qui signale que les blanchisseurs ont une intelligence très nocive. ‘A chaque fois que nous découvrons des techniques de blanchiment, ils en inventent d’autres. C’est une lutte de longue haleine. Aucun pays ne peut compter sur les fonds des blanchisseurs. Ils les mettent dans les banques et une fois blanchis il les virent ailleurs. Quand au financement du terrorisme, il faut savoir qu’avec le volet sécuritaire qui vole en éclats, les investisseurs vont fuir, le tourisme qui est un secteur fort chez nous va en pâtir’, poursuit Dr Diaw. En effet, sur le plan économique, les conséquences sont néfastes. Le blanchiment d’argent, dit-elle, constitue un risque réel pour la stabilité du système financier et annihile tout effort entrepris pour développer l’économie de nos pays en voie de développement. Cela, parce que les institutions financières, en acceptant les fonds illicites, ne peuvent pas compter sur la pérennité de ces capitaux illicites qui ne constituent pas des dépôts stables. D’où un risque systémique bancaire si le blanchiment est pratiqué à grande échelle dans le système financier d’un pays. Pis, la règlementation des changes peut être faussée, selon Mme Diaw. Car, fait remarquer le directeur adjoint du Giaba, ‘les devises et les taux d’intérêts sont dévoyés par les blanchisseurs qui ne sont pas guidés en matière d’investissement par le rendement du marché mais par leur égoïste intérêt criminel ou délictuel qui est de blanchir leurs fonds illicites à tout prix et par n’importe quel moyen’.

Abdoulaye Diop, ministre de l’Economie et des Finances, qui présidait l’ouverture de l’atelier, estime que cette rencontre témoigne de la mobilisation de notre continent à asseoir une démarche cohérente et concertée en vue de renforcer la lutte contre la criminalité organisée, considérée comme un des plus grands fléaux qui menacent la stabilité sociale, économique et politique de nos Etats.

Avec la présence d’Al Qaida au Maghreb islamique aux portes de la Cedeao, le directeur adjoint du Giaba estime que cette initiative, cofinancée par la Suisse, est un signal fort. Parce que, dit-elle, ces fléaux ont pris une autre dimension à cause de leur caractère transfrontalier, aggravé par la porosité des frontières en Afrique. ‘La perméabilité des frontières en Afrique est une des raisons ayant motivé l’excellente idée d’associer à ce séminaire nos frères des Etats membres du Maghreb. Face à ces fléaux que constituent le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, toute lutte cantonnée au niveau local est vouée à l’échec’, dit le Dr Diaw. Pour qui le renforcement de la coopération régionale, continentale et internationale est un gage de succès.

Seyni DIOP

source : http://www.walf.sn/economique/suite.php?rub=3&id_art=75856

Tag(s) : #articles de presse
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :