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A quelques jours de la formation du nouveau gouvernement, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Mustapha Kamel Nabli, et le ministre des finances, Jalloul Ayed, manœuvrent à tout va pour solder les comptes – et mécomptes – de l'ère Ben Alidans le secteur bancaire. Objectif : éviter une réaction en chaîne… et répondre aux injonctions des experts de la Banque mondiale et de la Banque européenne d'investissement, qui réclament depuis des mois une "remise à plat" du secteur financier.

Acte I de ce grand nettoyage, la Banque internationale arabe de Tunisie (BIAT) vient de se voir, selon nos informations, rembourser 23 millions d'euros correspondant à un prêt (et aux intérêts de celui-ci) qu'elle avait consenti à la Banque franco-tunisienne (BFT). Cet établissement a fonctionné des années durant comme une tirelire pour le clan Ben Ali-Trabelsi, abondée par les prêts "généreusement" accordés par diverses banques privées et garantis par l'Etat. Résultat : la BFT reconnaît détenir 86 millions € de créances irrécouvrables, mais d'autres sources proches du dossier évoquent la somme de 280 millions €. Son principal créancier, la BIAT, avait introduit en octobre un recours contre l'Etat, qui contrôle la BFT via la Société tunisienne de banque (STB, principale banque publique du pays). Mais le Trésor public est exsangue. Après plusieurs semaines de négociations, Mustapha Kamel Nabli et Jalloul Ayed ont donc proposé que le remboursement soit effectué par un "pool bancaire" incluant la STB, la Banque de l'habitat (BH) et la Banque nationale agricole (BNA). Ces deux dernières, également propriétés de l'Etat, sont moins "plombées" que la STB. En l'occurrence, c'est la BH qui a réalisé le décaissement pour rembourser la BIAT…

Ce même pool bancaire, selon nos informations, devrait être mis à contribution pour rembourser d'autres banques ayant prêté à la BFT. Il reviendra aussi à ce trio de prendre en charge les dettes de la STB, laquelle remboursera les deux autres établissements publics sur le long terme. Officiellement, la STB, elle aussi endettée auprès des banques privées, avait prêté environ 260 millions € à des proches de Ben Ali. D'autres sources évoquent une somme plus proche d'1 milliard €…

Pourquoi la BIAT est prioritaire
Bras de fer. Le remboursement de la Banque internationale arabe de Tunisie(BIAT) s'inscrit dans un contexte de rapport de force entre cette banque et l'Etat. Depuis des mois, la BIAT tente d'écarter la menace d'une prise de contrôle par les pouvoirs publics, par le biais d'une confiscation des 38% de parts détenues par son principal actionnaire, le groupe des frères Mabrouk. L'un d'eux, Marouane Mabrouk (gendre de l'ex-président) a vu ses avoirs gelés après le 14 janvier. Le recours intenté par la banque contre l'Etat a remis les compteurs à zéro : les autorités ont renoncé à faire main basse sur la BIAT, en échange d'un retrait de sa plainte.

Gagnants… et perdants. Le deal comble les autres actionnaires de la BIAT : Aziz Miled (13%) et Béchir Tamarziste (9,3%), la banque italienne Intesa Sanpaolo(5,97%), et l'industriel Mohsen Hachicha (5,1%). Par contre, il fait des malheureux parmi les actionnaires privés de la Banque de l'habitat (BH), qui a réalisé le remboursement à la demande de l'Etat : Adel Zarrouk, Mohamed Sadok Driss,Néjib Marzougui et Rached Horchani. Ceux-ci ont tenté, sans succès, de s'opposer à l'opération lors d'un récent conseil d'administration de la BH.

source : http://www.africaintelligence.fr/MC-/affaires-reseaux/2011/11/10/le-grand-nettoyage-bancaire-a-commence,94341452-EVE - le 14.11.2011

 

Tag(s) : #articles de presse
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