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Après avoir placardé les affiches de sa campagne publicitaire dans les agglomérations, le secrétaire général du parti Ettakatol a annoncé, jeudi à Tunis, les 100 propositions de son pré-programme.
Par Zohra Abid

 


Pré-programme? En fait, le fondateur et dirigeant du Forum démocratique pour les libertés et le travail (Fdtl, centre gauche) parle d’une première mouture. En attendant les réactions pour réaliser une version définitive et donner le bon à tirer.
La veille de la rencontre avec les  médias, au bureau de presse d’Ettakatol, les sept jeunes dédiés à cette tâche n’ont presque pas fermé l’œil de la nuit. Ils ont préparé l’événement et veillé sur les dernières retouches. Outre la liasse de documents à distribuer, ils ont mis sur le site du parti les 100 propositions du programme et prié les internautes de donner leurs commentaires. «Ettakatol a seulement proposé. Le peuple est en plein droit d’intervenir. S’il y a quelque chose à rectifier, on étudiera et s’il faut intervenir, on le fera volontiers. Après tout, il ne s’agit pas d’un verset coranique à prendre ou à laisser!», a dit à Kapitalis, un jeune militant.

La jeunesse au cœur du programme
Il a fallu près d’une heure à Mustapha Ben Jaâfar pour présenter, argumenter, expliquer sa démarche et essayer de convaincre les présents. Selon le chef du Fdtl, les choses sont claires. Il n’est pas question de faire un simple ravalement de façade, du saupoudrage de circonstance et revenir à la case départ: «business as usual». «Il y a eu révolution au vrai sens du terme. Mais certains n’y ont pas cru. Pour eux, c’est une simple intifada. Ettakatol, lui, y croit. Cette révolution a été essentiellement faite par des jeunes. Ce sont eux qui ont mis fin à une dictature de plus de 20 ans. C’est pour cette raison que les jeunes sont au cœur de notre programme», a lancé M. Ben Jâafar en arabe tunisien. Selon lui la Tunisie nouvelle doit être différente de ce qu’elle était. Et d’ajouter que la Tunisie sera reconstruite sur de nouveaux piliers qui sont la liberté, la justice, l’harmonie, la réconciliation entre les stries de la société… et le mot impossible ne devrait plus exister dans ce pays.



«Lors de nos tournées dans les régions et les ateliers auxquels nous avons participé dans divers domaines, nous avons eu la confirmation de ce que nous pensons de nos jeunes, découvert des compétences qui ont sympathisé avec Ettakatol. C’est pour eux que nous avons concocté un programme 100% tunisien. Nous n’avons rien importé. Il s’agit d’un travail national qui ne nous a rien coûté», a-t-il dit, par allusion aux nombreux volontaires qui ont mis le cœur à la tâche pour servir un parti auquel ils croient. Ce parti, le Fdtl, n’est pas né de la dernière pluie, au lendemain de la chute de l’ancien régime, car il a résisté et souffert de la dictature. Et ce n’est pas, aux yeux de ses jeunes membres, un moindre mérite.

Un régime de cinq jours de travail sur sept
Tout en insistant sur le refus d’un pouvoir personnel, comme le pays en a connu jusque là, le secrétaire général d’Ettakatol a réaffirmé sa volonté de couper définitivement avec le système ancien. «Ce que nous proposons n’est qu’une synthèse de la synthèse. Ettakatol mise sur la culture, le parent pauvre de l’ancien régime, qui s’en moquait. Le savoir, la culture, l’intelligence le dérangeaient», a souligné M. Ben Jaâfar. Le Tunisien a certes besoin de travailler et d’avoir accès à l’eau potable, à l’électricité, à l’éducation, à la santé, mais il a droit aussi à la distraction, au sport, à la musique, à l’art, dans des espaces culturels qui répondent à ses attentes. «Ettakatol a mis le bien-être et le bonheur du Tunisien sur le devant de la scène», dit-il.

La république doit être, selon le conférencier, fondée sur une nouvelle constitution qui garde jalousement les acquis et rompt avec la dictature et tous ses relais, véhicules et symboles. «La Tunisie est un Etat libre qui a opté pour la  séparation entre la religion et l’Etat. C’est un pays arabe et l’islam est sa religion, mais il reste ouvert aux valeurs universelles», souligne M. Ben Jaâfar.
Avant de passer en revue les volets économique et social de son programme, le leader d’Ettakatol parle du nouveau système politique qu’il préconise pour la nouvelle Tunisie, fondé sur un parlement fort, un pouvoir judiciaire indépendant et une presse libre et responsable. «Nous proposons le régime de cinq jours de travail par semaine. Le Tunisien doit s’épanouir et ceci l’aidera à se sentir citoyen et à être plus productif», a-t-il proposé.

Réduire la dépendance vis-à-vis de l’Europe
En politique étrangère, Ettakatol se veut maghrébin avant tout. «Dans un grand Maghreb uni, nous gagnerons au moins 2 points de croissance par an, soit 30.000 emplois supplémentaires. Nous devons aussi nous ouvrir sur d’autres pays émergents comme l’Afrique du Sud, le Brésil... Nous ne devons plus être dépendants de la seule Union européenne (UE). 80% de nos exportations et 65% de nos importations se font avec l’UE, qui a longtemps soutenu le despotisme politique dans notre pays. Nous devons nous ouvrir sur d’autres horizons et composer avec le nouveau monde», espère M. Ben Jaâfar.

La sécurité est primordiale, mais il n’est pas question d’accepter le chantage à la sécurité qui met en danger la liberté des gens. Le chômage est aussi un défi de taille. M. Ben Jaâfar a consacré près d’un quart d’heure à ce sujet. «La Tunisie est capable de réaliser 8% de croissance annuelle. Si on arrive à réconcilier les classes sociales et qu’on arrête de faire grèves et des sit-in, tout ira mieux. Et puis, seul l’Etat est capable de créer 100.000 emplois. Il n’y a que l’Etat aussi qui peut venir en aide aux entreprises privées en difficulté. S’il peut récupérer nos avoirs à l’étranger et les mettre dans une holding, ceci lui permettra de créer des projets et d’atténuer les effets de la crise actuelle et de remettre les aiguilles à l’heure», propose encore M. Ben Jaâfar.
Que faire pour les régions intérieures laissées à la traîne du processus de développement du pays? Ettakatol affirme avoir une stratégie de développement régional. «La Tunisie sera répartie en 5 grands districts avec 2 millions d’habitants chacun. Les limites de ces districts seront établies de manière horizontale, du littoral jusqu’aux frontières algériennes. C’est un projet à long terme, mais nous commençons à y réfléchir. Mais c’est le peuple qui, au final, décidera».

Rompre avec le passé, couper les mauvaises herbes
Outre cet ensemble de propositions, rien n’a été laissé au hasard. Au programme, l’agriculture, l’éducation, la formation, la santé, le tourisme, la justice sociale, les salaires, les impôts, les banques... où tout est à revoir, à reprendre, à relancer, mais, pour pouvoir vraiment se relever, il faut avant tout rompre avec le passé, avec les mauvaises herbes qui pourrissent tout dans le pays. Selon M. Ben Jaâfar, Ettakatol veut révolutionner le pouvoir d’achat des Tunisiens, améliorer leur qualité de vie et instaurer une politique citoyenne dans tous les sens.

«Nous sommes ouverts aux dialogues avec les familles politiques qui incarnent un peu notre modèle. Dans les jours à venir, nous allons sonder les réactions des citoyens dans les meetings et nous serons à l’écoute de tout le monde», a conclu le leader du Fdtl.
Pour ceux qui souhaitent en savoir plus et dans le détail, tout est sur le site du parti et ils peuvent ajouter leurs commentaires! Ça va aider le parti à revoir sa copie.

Tag(s) : #politique
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