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L’ancienne « Société Tuniso-Séoudienne d’Investissement et de Développement » se nomme désormais la Stusid Bank après s’être vue octroyée l’agrément de banque universelle en 2005. La nouvelle banque continue à oeuvrer à promouvoir l’investissement tout en cherchant à être bien outillée pour être une banque universelle.
Avec un ratio de solvabilité proche de 83% en 2006, elle dispose d’une capacité pour accompagner les projets tant au stade de l’investissement que de l’exploitation. Toutefois, le levier intermédiation financière, semble une aubaine non encore perçue à sa juste valeur. La rentabilité s’en est ressentie puisqu’elle s’est quasiment stabilisée autour de 5,2% lors des deux derniers exercices.
Il est vrai que l’accroissement du volume d’activité d’une banque, aussi paradoxalement que cela puisse être, peut mener à sa perte. En effet, tout dépend des risques pris et de la manière dont ils sont gérés. La Stusid, après avoir cédé plus de 190 MD aux sociétés de recouvrement des créances et des participations dans le cadre d’un assainissement financier préalable à l’obtention de l’agrément, semble appréhender l’avenir prudemment, pour le moins que l’on puisse dire.

 

Une qualité des actifs irréprochable…

Les crédits accordés par cette banque tuniso-saoudienne, totalisent 112.5MD. Un volume qu’on cherche sans doute à accroître tout en préservant la qualité de ces actifs. En effet, le stock des créances classées (Crédits et participations) est bien maîtrisé puisqu’il s’est situé à 17,63% et 18,27% des fonds propres respectivement en 2005 et 2006. Si cela dénote d’une saine gestion du risque de crédit, il n’en demeure pas moins important d’œuvrer à la réduction du niveau du ratio de solvabilité.
Le niveau des fonds propres réglementaires rapportés aux engagements pondérés dépasse largement les 8% exigées. Ce ratio a été en 2005 proche de 89% et s’est certes amélioré en 2006 puisqu’il a été réduit à 83%.



La production nouvelle en 2006 incluant les crédits et les participations aura été bonne, puisque le ratio des créances classées s’est légèrement réduit passant de 13,6% en 2005 à 13,1% en 2006.
Le risque de déperdition du capital est ainsi très limité, les actionnaires de la Stusid Bank sont bien protégés. Une protection qui est encore plus renforcée par le provisionnement adéquat des crédits non performants. Ces encours sont quasiment couverts en totalité.
Le risque pris étant couvert, qu’en est-il de la rentabilité des fonds propres ?

Faible retour sur fonds propres !

Le retour sur fonds propres réalisé s’est situé à 5.13% au cours des trois dernières années. Le produit net bancaire a reculé de 0.4% entre 2005 et 2006 tandis que le coefficient d’exploitation est passé de 36.7% à 42.8% durant ces deux années. Malgré ces deux reculs, le bénéfice net s’est amélioré sous l’effet de la bonne qualité de la production en 2006. En effet, les provisions devant être constituées pour couvrir les créances douteuses sont étroitement liées au volume atteint par ces derniers.

La banque a par contre bénéficié en 2005 d’une plus value sur cession de titres, d’un montant de près de 6MD, qui a servi à couvrir l’accroissement des crédits non performants entre 2004 et 2005 tout en permettant de dégager un résultat net supérieur à 7MD. Un niveau de résultat par ailleurs maintenu en 2006 donnant l’impression que la banque peut faire mieux…

En manque de dépôts…

Accroître la rentabilité suppose aussi l’accroissement des ressources collectées. Les fonds propres sont une ressource coûteuse puisque la rémunération exigée par les actionnaires après déduction de l’impôt est par nature élevée. La quête de plus de ressources auprès de la clientèle paraît être un levier d’accroissement de la rentabilité de la STUSID BANK. Les crédits représentent encore, après deux années d’activité comme banque universelle, près de 383.6% du total des dépôts ! Se lancer dans l’octroi de crédits paraît hasardeux si les ressources collectées continuent à être insuffisantes, il y va aussi de l’équilibre général, actuel mais aussi dans le temps, entre les actifs et les passifs de l’institution.

La nécessité de notation !

Que la Stusid Bank soit une banque sans réseau et en quête de ressources, paraît bien logique compte tenu de son passé. Le meilleur reste peut être à venir, avec une levée de fonds sur les marchés locaux et étrangers lui permettant d’entrer de plain-pieds dans l’activité de détail. Sauf que la levée de fonds suppose au préalable d’être noté par une agence de notation. Une bonne note se mérite, aux préalables organisationnels et de système d’information performant s’ajoutent des procédures adéquates à mettre en place. Que de chemin donc à parcourir en interne sans omettre qu’il faudra par la suite se résoudre à la réalité d’un marché bancaire très concurrentiel.
"source A.M"

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Tag(s) : #articles de presse
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