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Nous écrivions, dans une précédente édition, que le groupe BTP de Hakim Hmila, est en différend avec Attijari Bank à propos d’une dette qui serait de plus de 26 MDT. Nous avons été contactés, suite à cette information, par l’homme d’affaire qui avait ten u à nous parler, preuves écrites à l’appui, de la réalité de ce différend financier, de l’état de ses engagements et de la situation financière du groupe. La première des corrections à cette informations, apportées par Hakim Hmila, c’est que la dette de l’entreprise de BTP Hmila ne serait que de 16,737 MDT ! Ce montant a d’ailleurs été fixé par un document officiel, signé entre autres personnes, par l’administrateur judiciaire de l’entreprise.
Rupture abusive de contrat !
Seconde correction apportée par le dirigeant de cet important groupe BTP tunisien qui réalisait avant 2006 un chiffre d’affaire de plus de 70 MDT, l’entrée de l’entreprise BTP Hmila en procédure de règlement judiciaire, aurait été un acte voulu par son dirigeant et dont l’objectif était d’éviter qu’elle n’aille en faillite suite à son différend avec l’une de ses premières banques (dans le capital de laquelle il détenait même quelque 4 %), Attijari et ce depuis sa privatisation. Ce serait en effet à partir de cette date que l’ancienne direction d’Attijari l’aurait saisi pour lui signifier qu’elle ne désire plus le compter comme client. Cela, malgré le fait que la banque avait encore des engagements, essentiellement de signature avec l’entreprise Hmila. Cette dernière mettra en exergue, par la voix de son dirigeant lors de notre rencontre, l’impact négatif de cette «rupture abusive » de contrat de la part de la banque, sur ses contrats en cours, dont essentiellement le projet de l’autoroute Msaken Sfax, la route express d’El Aliya près de Bizerte et la MC 52 de Béja au Nord tunisien. Une rupture de contrat qui a fait d’ailleurs l’objet d’une plainte et d’un procès en cours entre la banque et son client. Hakim Hmila dit ne rien comprendre de cette décision alors que tout marchait bien et qu’il remboursait à l’échéance ses engagements auprès de la banque (essentiellement en financements de marchés garantis par l’Etat) qui étaient en juin 2006, de l’ordre de 41,6 MDT.
On passera sur les détails de ce différend, pour signaler comme le précise Hakim Hmila, que son entreprise aurait continué, depuis cette date et malgré toutes les négociations pour rétablir le courant d’affaire avec la banque, à payer ses dettes et engagements. Elle aurait ainsi réussi et malgré les difficultés qui lui auraient été faites par l’ancienne équipe dirigeante d’Attijari, dont par exemple des refus de paiement de chèques pour payer les carburants nécessaires à ses engins et à ses chantiers, le refus de payer des chèques libellés aux noms de ses fournisseurs. Hmila aurait pourtant, selon ses dires, continué à rembourser, jusqu’à ramener ses dettes à 24 MDT en mai 2007. La banque lui aurait aussi appliqué des taux exorbitants, elle lui aurait fermé des comptes sans aucun motif valable et alors que l’argent de ses projets lui était versé et la liste des accusations à l’encontre de la banque dont il insiste pour désengager la responsabilité des actuels responsables, est longue !
Délit d’initié ?
Dans ces tentatives de diminuer sa dette et de trouver avec la banque les termes de ce qu’il a appelé un «divorce à l’amiable», dont certaines péripéties étaient même passées par une rencontre de conciliation avec des responsables de la Banque Centrale de Tunisie sanctionnée par un PV d’accord dont l’ancienne direction de la banque n’a pas respecté les termes, Hmila a donné ordre à la banque et à sa filiale d’intermédiation bancaire, de vendre ses 4 % de participations dans le capital de la banque. Et le président du groupe Hmila d’accuser ici cet ancien dirigeant de «délit d’initié», un délit dont il nous dit qu’il aurait fait l’objet de dépôt d’une plainte auprès des autorités concernées. Selon lui, la banque aurait fait exprès de ne pas vendre la totalité de ces actions au moment de l’ordre. Elle n’aurait exécuté qu'un premier ordre de vente au prix de 9 DT pour vendre le reste, 5 mois après et à un prix inférieur. Elle aurait don réalisé deux opérations distinctes, pour «se donner le temps de faire acheter les actions par une entreprise filiale, la Aldo Maroc », selon ce qu’il nous a affirmé. Et Hakim Hmila d’accuser cet ancien dirigeant de la banque de «délit d’initié», dans la mesure (toujours selon lui) où la seconde vente aurait été faite après que Attijari ait acquis la majorité qui lui permettait d’être dispensée de l’accord de la commission supérieur de l’investissement pour acquérir ces actions !
Des affirmations auxquelles s’ajoute une multitude de documents, financiers et de justice, ainsi que différents accords signés et documents échangés avec la banque, dont il nous a donnés copies !
Toutes ces affaires (dont la troisième qui concernerait l’application de taux exorbitants à certains des crédits que la banque lui a accordés), à propos desquelles les plaidoiries ont été faites depuis le 11 décembre 2007, devraient être jugées dans 10 jours, c'est-à-dire le 25 décembre 2007, selon ce que nous a indiqué Hakim Hmila. Et le président du groupe de préciser encore, en réponse à une de nos questions, qu’il y a eu tentatives de solution à l’amiable, mais que le différents subsiste quand au montant du dommage que l’entreprise aurait demandé ! Il est vrai que l’entreprise de BTP (la seule déficitaire du groupe des 4 sociétés dont une dans la promotion immobilière, une dans le transport et la Holding) aurait perdu, à l’en croire à cause de ces différents, 13 MDT en 2006 et que le chiffre d’affaire du groupe aurait chuté de 70 à seulement 25 MDT en 2006 et «probablement le même montant pour 2007 » finit-il par indiquer !
"source A.M"
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