Sans verser dans un quelconque excès de pessimisme pour la nouvelle année qui se profile à l’horizon, il est important de souligner les grands tournants qu’on aura à observer par rapport aux décennies passées. La demande de pétrole avoisinera les 87,8 million de baril par jour en 2008 contre 85,7 million en 2007 selon l’agence internationale de l’énergie (IEA). Un boom qualifié de « supersonique » par plusieurs analystes qui considèrent que le prix du baril de pétrole va grimper considérablement pour diverses raisons. Les prévisions vont même jusqu’à 150 dollars le baril, et les plus optimistes quant au prix de l’or noir ne s’attendent pas à ce que le prix soit en dessous des 100 dollars. Les Etats-Unis sont en train d’accroître leurs réserves stratégiques à tout prix…
L’administration américaine n’a cessé d’accroître ses réserves stratégiques de pétrole durant le deuxième semestre de l’année 2007, quant le prix du baril n’a pas été inférieur à 90 dollars. Cette agressive constitution du stock de réserves US a nourrit plusieurs craintes. En effet, la demande de pétrole a été si forte en 2007 que les prix n’ont pas diminué à partir du mois de septembre, comme cela a été le cas durant les années 2005 et 2006. L’année 2007 a vu le prix du baril croître significativement jusqu’à la fin de l’année clôturant autour de 85 dollars contre 55 US dollars une année auparavant ! Les Etats-Unis sont en train d’accroître leurs réserves de pétrole stocké à tout prix par crainte de pénurie… Ces craintes semblent être nourries par la conjonction de plusieurs facteurs dont notamment :
- Les Etats-Unis sont les plus grands consommateurs de pétrole au monde, et ils importent plus de la moitié de leur consommation,
- Plus de 81% de la production mondiale de pétrole provient de 10 pays dont 3O% provient des seuls Irak, Koweït et Arabie Saoudite,
- La quantité de pétrole mondiale consommée est en moyenne proche de 72 billions de baril par an. Les nouveaux gisements identifiés n’en couvrent que très peu !
De ce fait, la garantie d’un équilibre entre l’offre et la demande de pétrole et donc la stabilité des prix, implique l’identification de nouveaux puits de taille au moins égale à celui de Ghawar, le plus grand au monde situé en Arabie Saoudite ! Le prix du pétrole va sûrement croître à un rythme encore plus soutenu que celui jusque là observé, et pour des raisons autres que celles que tout le monde connaît, à savoir les risques d’attaques terroristes.
Une croissance mondiale de près de 4,5%.
Selon l’agence nationale de l’énergie (IEA), la demande de pétrole émanant de la seule Chine va croître de plus de 5%. Dans son dernier rapport « Medium Term Oil Market report », l’IEA s’attend à une croissance de la demande mondiale de pétrole de près de 2,2% en 2008 pour atteindre en 2012 une consommation de 95,8 million de baril par jour contre 85,7 actuellement.
D’un autre côté, l’IEA prévoit qu’à l’horizon 2012, l’offre émanant d’Arabie Saoudite par exemple va renchérir considérablement. Les autres pays non OPEC producteurs et bio-pétrole producteurs vont voir aussi leur offre renchérir dès 2009.
Le dessin qu’on pourrait faire, à travers ce que laisse entendre l’IEA, est que l’accroissement de la demande de pétrole va dépasser l’accroissement de l’offre à partir seulement de l’année 2010 !
Les pays exportateurs de pétrole ont de plus en plus besoin de leur pétrole…
De plus, les pays exportateurs de pétrole voient leurs taux de croissance augmenter sans cesse à telle enseigne que leur demande intérieure commence à réduire le niveau de leurs exportations. Les plus pessimistes prédisent que si la croissance demeure élevée, d’ici une dizaine d’année, beaucoup de pays aujourd’hui exportateur deviendraient importateur de pétrole. L’Indonésie, qui est un membre de l’OPEC, a déjà commencé à voir ses importations dépasser le niveau de ses exportations. Le Mexique est attendu dans 5 ans à être dans cette situation. La demande domestique en Iran, Arabie Saoudite et Koweït est en train de croître à un rythme effréné aussi. Beaucoup d’analystes s’accordent à dire que la dernière décision prise par les membres de l’OPEC, en l’occurrence la stabilisation de la production compte tenu que les marchés sont actuellement bien approvisionnés, trahi une situation caché qui est l’incapacité pure et simple de l’OPEC à vendre plus compte tenu de ce qu’on a décrit ci-dessus.
Quelles sont les prévisions pour le prix du baril en 2008 ?
Selon l’IEA, le prix du baril devrait être autour de 85$ en 2008, les analystes de Goldman Sachs prévoient 105$. Les analyses les plus pessimistes envoient le prix du baril en 2008 vers des sommets pouvant atteindre les 150$ sans qu’il ne se maintienne, par ailleurs longtemps à ce niveau.
Pour un pays comme la Tunisie, qui espère voir les prix diminuer, la chute des prix de pétrole ne pourrait avoir lieu qu’en cas de récession US, la demande émanant des Etats Unis, le plus grand importateur. Sauf que les différentes grandes banques centrales ne font rien pour cela, tentant de relancer l’économie américaine par l’injection massive de liquidité sur les marchés en guise de récompense aux excès de risques prix par les crédit-mans et analystes d’investissements américains dans l’immobilier ! La politique expansionniste jusque là entreprise, de manière concertée par les grandes banques centrales, continue d’alimenter la baisse du dollars et son corollaire l’inflation mondiale des prix des matières premières.
"source A.M"
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