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Le président de la Bourse régionale des valeurs mobilière, Tiémoko Coulibaly, salue les résultats mais déplore que les pays, à l’exception de la Côte d’Ivoire, ne respectent pas leur engagement d’introduire les entreprises publiques.

La BRVM est dominée en nombre par les sociétés ivoiriennes. Qu’est-ce qui est envisagé pour inciter les autres pays à faire venir leurs sociétés ?Tiémoko Yadé Coulibaly : La situation en Côte d’Ivoire n’est pas le fruit du hasard. Elle est née d’une volonté politique. Le président Félix Houphouët Boigny avait réuni les hommes d’affaires et le patronat. Il leur a expliqué que pour la pérennité de leurs entreprises ils avaient intérêt à ouvrir leurs capitaux à des nationaux ivoiriens. Le président leur a dit qu’il ne prendrait pas de législation pour cela, même si dans certains pays il a fallu passer par cette voie pour que les entreprises s’ouvrent aux particuliers.
Ce que nous souhaitons maintenant, c’est que cette volonté politique anime les dirigeants de nos pays. Il avait été entendu que les autorités appuieraient la BRVM en y introduisant la plupart des grosses entreprises publiques, et également les entreprises à participation publique. Cet engagement n’a pas été parfaitement suivi. Nous pensons que le moment est venu.

On a parlé du succès de la BRVM comme place boursière, mais comme société anonyme, comment se porte-t-elle ? T.Y.C. : Il faut dire que l’actionnariat est un peu figé. Au moment de la création de la BRVM, on a voulu que le capital soit aux mains d’une série d’entités. D’abord les Etats qui ont voulu participer à la création mais qui ont également voulu limiter leur participation à 14%. Ensuite, on a demandé aux chambres de commerce de prendre ce qu’elles voulaient prendre. Elles ont pris une participation importante, de l’ordre de 20 à 25%. Et puis les sociétés de gestion et d’intermédiation ont obligation d’être actionnaires. Enfin, on a demandé aux opérateurs économiques et aux particuliers : les compagnies d’assurances, les institutionnels, les banques ; à tous ceux qui souhaitaient prendre une participation. Sans oublier les deux actionnaires statutaires que sont la BOAD et la Caisse de retraite des agents de la BCEAO. Voilà la composition du capital de la BRVM qui ne bouge donc que si une nouvelle SGI est créée. Mais, nous réfléchissons actuellement à faire évoluer cette approche ; car si nous demandons aux entreprises commerciales privées d’ouvrir leur capital, il est souhaitable que la BRVM donne également plus de flexibilité à son capital.

« Les charges ont été comprimées. Les cours ont commencé à se redresser, et puis l’activité a commencé à redémarrer. »

Qu’en est-il des résultats financiers de la BRVM S.A ?T.Y.C. : Quand on a créé la BRVM, les actionnaires étaient très confiants. Ils pensaient avoir fait un bon placement. Et puis patatras ! La conjoncture a évolué de façon défavorable. On avait prévu au minimum cinq introductions d’actions tous les ans. Mais, aucune action n’a été introduite pendant une longue période. Donc, les cours qui étaient à 100 ont pratiquement dégringolé à 70. D’autre part, il fallait que la bourse ait toutes les infrastructures indispensables pour atteindre la taille critique, pour être un instrument internationalement reconnu. Il a fallu des investissements importants, surtout en informatique. Nous avons conféré à la bourse la taille nécessaire pour remplir ses ambitions et devenir un instrument d’intégration de l’ensemble des Etats. Même s’il n’y avait pas une seule action, pas une seule opération, il y avait quand même une antenne de bourse avec le personnel nécessaire. Donc, une activité qui démarre très mal, des promesses non réalisées, des charges, des investissements lourds. Tout cela a fait que la rentabilité n’était pas au rendez-vous. On a perdu beaucoup d’argent. Les pertes ont avoisiné 80% de la mise de fonds. Même la crédibilité de la bourse était en cause...

 Tiemoko Coulibaly, président, et Jean-Paul Gillet, directeur général de la BRVM.

Tiemoko Coulibaly, président, et Jean-Paul Gillet, directeur général de la BRVM.

 

La situation s’est-elle redressée ?

T.Y.C. : Oui. Nous avons pris le taureau par les cornes avec des décisions extrêmement draconiennes de redéploiement et de redimensionnement de l’ensemble de l’activité, mais sans préjudice de notre mission. Les charges ont été comprimées. Les cours ont commencé à se redresser, et puis l’activité a commencé à redémarrer. Aujourd’hui, nous sommes particulièrement heureux parce que pour la quatrième année consécutive nous avons des résultats largement positifs. En 2006, nous avons réalisé 809 millions de FCFA (1,23 million euros) en résultat net. Ce qui nous a d’ailleurs permis de distribuer des dividendes pour la première fois depuis 1998.

Comment se termine 2007 ? T.Y.C. : Cette année, nous avons réalisé, à fin septembre, un peu plus de 1,5 million euros Nous pensons qu’à la fin de l’année nous serons largement au-dessus des résultats que nous avions escomptés pour cette année. Donc, nous sommes en passe de rattraper toutes les pertes pour revenir au capital.

Propos recueillis par Souleymane Niang, Dakar "source lesafriques.com" le 13.01.2008

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Tag(s) : #articles de presse
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