TOULOUSE, 28 janvier (Reuters) - Latécoère n'a pas souhaité commenter jeudi un article de La Dépêche du Midi selon lequel l'équipementier aéronautique envisagerait de construire une nouvelle usine en Tunisie.
"Nous pouvons seulement vous dire que nous organisons lundi prochain une conférence de presse à 10h00 GMT afin d'évoquer la future stratégie de notre groupe", a indiqué à Reuters Jean-Pierre Robert, directeur de la communication de l'équipementier aéronautique, l'un des principaux fournisseurs d'Airbus.
"Nous avions été mis au courant de ce projet d'installation en Tunisie par la direction et nous ne pouvons que regretter ce choix", a réagi de son côté Marc Berger, délégué CGT. Les syndicats avaient espéré qu'un site en France serait retenu.
Selon La Dépêche du Midi, qui cite des sources proches du dossier, la future usine tunisienne pourrait employer, à terme, un millier de personnes et serait spécialisée dans la fabrication de pointes avant pour Airbus.
"Ce chiffre de 1.000 emplois nous parait un peu gros mais pourquoi pas ! Ce qui est sûr, c'est que cette usine devrait bénéficier d'un transfert de charges de l'activité pointes avant, réalisée jusqu'ici sur le site de Méaulte", a estimé Marc Berger.
Latécoère a été sélectionné en décembre pour racheter auprès d'Airbus deux sites de production, celui de Méaulte et celui de Saint-Nazaire, dans le cadre du plan Power 8 lancé par l'avionneur européen. Le projet de la principale filiale du géant aéronautique EADS prévoit la cession d'autres
sites sur le Vieux Continent et la suppression de 10.000 postes.
L'usine de Méaulte continuerait d'être spécialisée dans la fabrication de pointes avant mais serait plus spécifiquement tournée vers la fabrication de celles du futur A350 d'Airbus, un avion à doter de matériaux composites, a expliqué le délégué CGT.
Latécoère possède déjà deux usines en Tunisie ainsi que des unités de fabrication en République tchèque et au Brésil.
"Cette politique de délocalisation devrait s'amplifier encore dans les années à venir, a déploré le syndicaliste, le site de Méaulte n'est pas menacé mais nous sommes beaucoup plus inquiets en ce qui concerne le site de production de Toulouse qui emploie 300 personnes environ. A terme, il ne devrait plus rester à Toulouse que les bureaux d'études".
Vers 11h55 GMT, le titre Latécoère reculait de 2,69% à 16,15 euros à la Bourse de Paris.
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