| Un vaste éventail de réponses Les gouvernements proposent des solutions variées, dont certaines procurent un soulagement immédiat, mais risquent d’aggraver le problème à long terme. A titre d’exemple, interdire les exportations pour maintenir les prix des aliments domestiques bas peut avoir de graves répercussions sur les producteurs qui sont souvent pauvres. Une telle mesure réduit également l’offre nécessaire pour répondre à la croissance future de la demande. Or, l’inquiétude ressentie par certains pays face à l’impact des prix élevés sur les citoyens les a poussés à mettre en place des contrôles de prix, des subventions et des interdictions d’exportations. Parmi ces pays, on compte le Honduras, l’Inde, l’Indonésie, la Moldavie, les Philippines et la Russie. « Les gouvernements doivent agir de manière ciblée, en accordant des subventions directes aux pauvres plutôt qu’à l’ensemble du pays », affirme M. Mitchell. « Des transferts de revenus ou des aides alimentaires pour les pauvres seront plus efficaces et plus viables que des mesures plus générales déployées à l’échelle nationale. » Parmi les 36 pays qui, selon la FAO, traversent une crise relative à la sécurité alimentaire, 21 d’entre eux se situent en Afrique. Dans certains pays, tels le Lesotho et le Swaziland, la sécheresse a nui à la production ; dans d’autres pays, comme le Sierra Leone, les citoyens ont difficilement accès aux aliments vendus sur les marchés locaux, notamment en raison de leurs faibles salaires et des prix très élevés des aliments ; et plus d’une dizaine de pays, dont le Ghana, le Kenya et le Tchad, connaissent une grave insécurité alimentaire localisée. Grâce aux généreuses reconstitutions de fonds de l’IDA, au cours des deux prochaines années, le département agricole et rural de la Région de l’Afrique de la Banque pourra potentiellement accroître jusqu’à 30 % ses prêts agricoles annuels, en fonction de la demande des clients. Cette augmentation favoriserait la croissance agricole, une mesure recommandée par le Rapport sur le développement dans le monde de 2008 de la Banque mondiale. La région de l’Afrique de la Banque a l’intention d’élargir son soutien aux programmes de protection sociale, accordant davantage de ressources à des projets tels que les programmes de travail rétribué en vivres et de travail rémunéré, qui sont en cours en Ethiopie (a). La Banque a également l’intention d’aider les pays d’Afrique à poursuivre leurs échanges de céréales au-delà des frontières nationales et à adopter de meilleures techniques agricoles, telles que la culture sans labour, qui réduit les coûts de production tout en diminuant les émissions de gaz à effet de serre et en préservant la terre. En partenariat avec le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) et d’autres organisations, la Banque aidera l’Afrique à investir davantage dans la recherche agricole. Celle-ci a fait ses preuves en permettant la création de manioc résistant aux virus en Ouganda, et de riz NERICA résistant aux virus en Afrique occidentale. Des projets de recherche analytique et opérationnelle sont également en cours dans d’autres domaines. Par exemple, des projets d’infrastructure peuvent permettre de réduire les coûts de transport des aliments vers les marchés, et des instruments financiers de couverture pourraient être offerts aux petites entreprises d’agrinégoce pour les aider à composer avec les fluctuations des prix des aliments. Dans toutes les régions, la Banque encouragera les pays à intensifier plutôt qu’à étendre leur agriculture afin de prévenir des coûts élevés pour l’environnement. Plus la demande agricole augmente, plus le risque d’empiètement sur les zones forestières et de grande biodiversité est élevé. Entre temps, la hausse du prix des aliments continue de nourrir les inquiétudes à l’échelle mondiale, tandis que le Programme alimentaire mondial des Nations Unies organise désormais des réunions de crise pour discuter de la possibilité de rationner l’aide alimentaire, une mesure qui pourrait s’avérer nécessaire à moins d’obtenir davantage d’aide alimentaire à court terme. "source banque mondiale" le 05.03.2008 |