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Depuis des décennies les stratégies de croissance de la Tunisie étaient axées à la fois sur le développement économique et sur le développement social. L'emploi se trouve donc au cœur de l'œuvre de développement du gouvernement et constitue actuellement un défi majeur. La situation actuelle du marché d'emploi se caractérise par un déséquilibre important et persistant entre l'offre et la demande. Un déséquilibre reflété par un taux de chômage qui se  situe actuellement aux environs de 14%. Ce déséquilibre est particulièrement prononcé pour les diplômés de l'enseignement supérieur, les jeunes et les femmes.

La commission nationale de l'emploi, se penchant sur les différents aspects de la problématique de l'emploi en Tunisie, a mis en exergue l'importance de l'aspect  développement de l'initiative privée, dans cette dialectique de la création d'entreprise et de l'emploi et qui passe essentiellement par résoudre la problématique du financement de l'investissement. Le rapport récemment publié par la Consultation Nationale de l'Emploi (CNE) intitulé « Rapport de la commission, Entreprise, Croissance et Développement », s'y est intéressé. Il a souligné à ce propos, que nombreuses sont « les réformes qui ont été introduites pour moderniser et accroître l'efficacité du système bancaire », mais «certaines insuffisances persistent au niveau des services de ce système bancaire et financier» tunisien. 

Les insuffisances du secteur bancaire !

Le rapport commence par faire l'état des lieux de ce secteur. Le système bancaire et financier tunisien comporte, outre la Banque Centrale, 18 banques universelles et deux banques d'investissement (BFPME, BTS), sans compter les organismes de micro crédits (IMF), des banques Off-Shore, des banques d'Affaires, des sociétés de recouvrement des créances, des sociétés de leasing, de factoring et 167 sociétés d'investissement (dont 38 à capital risque). Ce système connaît depuis une dizaine d'année, d'importantes réformes. «Le Renforcement de la présence des banques étrangères en Tunisie et la poursuite des réformes indiquent la volonté de  hisser le niveau du système financier Tunisien au  niveau international » reconnaît le rapport dans son premier point.
Sur le plan du financement de l'investissement, la commission a remarqué qu'un « bon nombre des réformes ont été effectivement appliquées ». Pour les membres de la commission «la Tunisie est actuellement dotée d'institutions financières diverses, ayant la possibilité d'utiliser un grand nombre de produits financiers et soutenues par un système incitatif généreux ».

Mais, atteste le rapport, «certaines insuffisances persistent au niveau des services du système bancaire et financier ». Ces insuffisances se représentent à différents échelles, la plus importante est celle d'une «concurrence insuffisante entre les différentes institutions, les services financiers ne sont pas assez développés et diversifiés en Tunisie », estime le même rapport. « La concurrence existe sur les crédits à la consommation, elle doit également exister au niveau de l'investissement ». Les insuffisances se propagent, selon les membres de la commission aux « procédures d'accès au crédit, qui sont compliquées et incohérentes entre les différentes institutions impliquées, au coût du financement élevé (marges, commissions ...) », ainsi qu'au  «système d'information des banques, peu développé par rapport aux standards mondiaux ». Et le rapport d'expliquer à ce niveau, que les banques tunisiennes, «par manque d'ambition et de vision stratégique, ne sont pas parvenues à développer des systèmes d'information fiables et performants au niveau international à même de leur permettre, d'offrir à leur clientèle des services de qualité, de réduire leur coût de gestion et donc le coût du crédit, ou encore  de respecter les règles prudentielles de type Bâle II ». 

Le rapport épingle les banques sur les garanties !
  
Le rapport ne manque pas, à son tour, d'épingler les banques tunisiennes qui se veulent encore financiers de l'effort national de développement et de la création d'entreprises. «L'importance des garanties demandées, faute d'une meilleure évaluation des risques est un frein pour l'investissement », estime le rapport, tout comme la « préférence des banques à prêter aux grandes entreprises qui, de part leur position, offrent des garanties aux banques et sont par ailleurs outillées pour négocier les conditions des crédits ».

Le rapport finit par conclure que «les banques Tunisiennes ne sont pas en général bien préparées pour orienter et conseiller les clients, en raison notamment du manque de compétences techniques et financières (analyste financiers, ingénieurs...) » et que le «système bancaire prédomine le système financier en terme de financement et le marché des capitaux est caractérisé par une  faiblesse de l'épargne longue ».

Quant au marché financier, il n'a pas connu le même dynamisme que celui des autres pays du golfe, souligne le rapport dont les rédacteurs se demandent «pourquoi ce marché ne s'est-il  pas développé, malgré les réformes et les incitations? ». Selon le rapport, «on a focalisé trop de moyens sur le système bancaire. L'économie d'endettement ne doit pas perdurer dans un contexte d'ouverture et de libéralisation de l'économie et l'Etat à un rôle important à jouer en introduisant en Bourse les grandes sociétés. Il faut développer le capital risque et toutes les autres formes de financement non bancaires » estime la commission.

Regrouper les banques ?

Pour sortir de cette situation, la commission a recommandé tout d'abord de libéraliser les taux d'intérêt sur l'épargne. Le rapport appelle aussi à « faire jouer la concurrence pour offrir de meilleures conditions de financement, introduire de nouvelles méthodes de gestion dans les institutions financières en s'appuyant surtout sur des systèmes d'information efficaces et fiables et des compétences humaines de niveau international », ainsi que de «dynamiser le marché financier et encourager surtout les grands groupes privés à s'introduire en bourse, ainsi que toutes les sociétés nationales ».

Enfin le rapport de la commission a appelé à « favoriser le regroupement de certaines banques existantes ce qui aidera à l'intégration financière de la région et se répercutera positivement sur la diversité et la qualité des services bancaires et leur aptitude à accompagner les entreprises dans leur développement à l'internationale ». Il propose aussi de « procéder à une refonte totale des textes régissant le capital risque en vue d'amener les sociétés à capital risque à jouer leur vrai rôle dans le financement des investissements ».

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Tag(s) : #articles de presse
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