Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité


«Les états financiers au 30 juin 2008, de la STB, font apparaître un total net de bilan de 5,149 893 MDT et un bénéfice net d’impôt de 12,455 MDT. Dans son rapport, le Commissaire au Comptes de la banque note que «certains comptes de suspens et d’inter-siège présentent des soldes importants au 30 juin 2008, et demeurent en cours de justification et d’apurement. En outre, nous avons relevé, au cours de l’exercice 2007, une inadéquation des procédures de contrôle interne, des systèmes d’information et de sécurités informatiques de la Banque».

L’examen de la Cour des Comptes, a cependant été plus profond. Ses contrôleurs, ont été fouiller dans la gestion de la banque sur la période allant de 2002 à 2006. Ils ont surtout décelé nombre d’insuffisances, relatives au développement de l’activité de la première banque publique de Tunisie, à l’assainissement de son portefeuille de créances accrochées, à la gestion du recouvrement, ainsi que la gestion du contentieux. Revue des défaillances.

Facilités et largesses dans le crédit.

La première des remarques de la CC, concernait le financement des projets économiques. On y découvre ainsi, ce qui pourrait presque ressembler à de la «mauvaise gestion» des ressources de la banque, par une utilisation que la CC dénonce en tous cas. «La moyenne annuelle de l’évolution des crédits d’investissements n’a pas dépassé 0,7 % durant la période 2003 à 2006. En revanche (et le mot est plein de significations), la STB a continué, durant la même période, à financer les entreprises en difficultés en octroyant à 80 % de ces entreprises classées, des crédits dépassant en volume 50 % de l’ensemble de leurs financements bancaires». On comprendrait donc, que ce que reprocherait la CC à la STB, c’est d’en donner plus à des entreprises, qui ne se sont pas forcément portées mieux, que pour l’investissement dans de nouveaux projet !

A propos de ces entreprises en difficultés, la CC remarque «80 entreprises ayant un cumul de  dettes de 160 MDT au 31 décembre 2006, ont bénéficié de la loi de sauvetage. La vérification des dossiers de 60 de ces entreprises, a permis de relever que 26 d’entre elles étaient encore en phase de procédure judiciaires, depuis plus de 3 ans et que 18 seulement  ont bénéficié d’un règlement judiciaire, sans que leurs programmes de sauvetages n’ait été établit jusqu’au mois de juillet 2007». La STB ne semblait donc pas trop s’en faire. Est-ce normal ?

Les contrôleurs de la CC ont aussi rapporté un certain laisser-aller des responsables du crédit dans cette banque publique. «Plusieurs clients, ont ainsi bénéficié de financements bancaires, sans autorisation ». Cette facilité à donner de l’argent, a été estimée à 270 MDT. Autre largesse décelée par la Cour des Comptes (CC), celle de la facilité de caisse qui a connu un recours tellement accru de la part des responsables du crédit à la STB, qu’elle a atteint 540 MDT à fin 2006, représentant ainsi 43 % des crédits court terme !

Elle cède ses créances accrochées, mais fait peu d’effort de recouvrement.

La CC fait aussi plus d’un reproche à la STB à propos de son manque de dynamisme, voire de son manque d’enthousiasme, pour le recouvrement. Jusqu’au 31 décembre 2006, la banque a cédé à sa propre société de recouvrement, 9702 dossiers de créances accrochées et classées, représentant un volume financier de 1042 MDT, dont 146 MDT remontaient à 6 ans. Plus précisément, note la CC, 50 % de ce montant qui dépasse le milliard DT, concernent uniquement 33 clients. Et les contrôleurs de la CC de constater malheureusement, que 71 % des créances cédées, n’avaient enregistré AUCUN recouvrement. Un reproche donc, ferme et justifié, d’une mollesse constatée dans le recouvrement. La STB, comme d’autres banques certainement, oubli facilement que la société de recouvrement est sa filiale, qu’elle doit jouer son rôle de recouvreur et non celui d’un puits où l’on jette ce qu’on voudrait oublier. Ce peut d’effort en matière de recouvrement, alors que la banque parle encore d’assainissement financier, se confirme à la lecture de ce chiffre rapporté par la CC. En effet dans son rapport 2007, on lit que «le taux de recouvrement des créances impayées, dont le montant a atteint, en 2006, la valeur de 302 MDT, n’a atteint que 18 %. Le taux des créances, gérées par voie contentieuse, n’a pas dépassé 3,2 % au titre de la même année, sur un montant total des créances contentieuses de 532 MDT, dont 188 MDT, antérieures à 2003 » et qui traînaient donc depuis cette date.

Dernière remarque de la Cour des Comptes et non des moindres, celle relative à cette mollesse constatée dans la mise au point du système informatique. Elle rapporte ainsi que le plan directeur informatique date de 2001, au niveau de l’étude. Cette étude faite, rien cependant n’a été mis en œuvre de ses recommandations. La CC rapporte même que «le système d’information de la banque, n’a pas permis l’intégration des différentes applications informatiques». Elle enfonce encore le clou en affirmant, qu’à la date du mois de juillet 2007, la STB n’a pas élaboré de plan de sécurité informatique ou de  plan d’urgence garantissant une reprise rapide de l’activité, en cas de perturbation.

Des défaillances graves, un laisser-aller et une mollesse dans la réaction vis-à-vis de l’argent, et des épargnants et de l’Etat, qui devraient appeler plus d’une mesure. La première, à notre sens, a déjà été prise. 

"source A.M"
Publicité
Tag(s) : #articles de presse
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :