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AFP / 04 février 2009 17h54
TUNIS - La cour d'appel de Gafsa (sud-ouest de la Tunisie) a prononcé mercredi des peines de prison réduites pour la plupart des 38 Tunisiens jugés pour leur participation à un mouvement de contestation sociale en 2008 dans cette région minière, a-t-on appris de sources judicaires.
Cinq des dirigeants condamnés en première instance à 10 ans de prison se sont vu infliger des peines de 6 ans à 8 ans de prison, selon le verdict publié de source judicaire à Tunis.
Le parole-parole du mouvement, Adnane Hajji, et son co-accusé, Bechir Laabidi, ont écopé de la peine maximale de 8 ans d'emprisonnement ferme, ont indiqué leurs avocats à l'AFP, jugeant le verdict "inattendu et trop sévère".
La Cour a aussi prononcé des peines réduites, entre 3 et 4 ans de prison, à l'encontre de neuf autres prévenus initialement condamnés à 6 ans de prison.
Sa décision infirmait en revanche des jugements de relaxe rendus à l'égard de cinq prévenus, les condamnant à deux ans de prison avec sursis.
Trente-quatre accusés, dont 18 en état d'arrestation, ont comparu mardi tandis que quatre autres, jugés par contumace, ont vu leurs condamnations reconduites. Parmi eux, Mohieddine Cherbib, animateur d'un comité de soutien des habitants de Gafsa en France, et Fahem Boukaddous, correspondant de la chaîne dissidente Al-Hiwar.
La Cour a rendu ce verdict à l'issue d'une audience marathon commencée mardi à la reprise du procès ouvert le 19 janvier contre des syndicalistes et des jeunes jugés coupables, pour la plupart d'"entente criminelle portant atteinte aux personnes et aux biens" et de "rébellion armée".
Il leur a été reproché des "manifestations portant atteinte à l'ordre public, lors desquelles des jets de pierres, des cocktails Molotov étaient lancés contre les forces de l'ordre", selon l'accusation.
Ils ont été jugés pour des faits remontant au premier semestre 2008 lorsque des manifestations contre le chômage, le coût de la vie et la corruption ont dégénéré entraînant la mort d'une personne tuée par balles le 6 juin à Redeyef, ville du bassin minier producteur de phosphate.
Selon leurs avocats, les prévenus ont insisté sur le caractère "pacifique" de leur mouvement et nié avoir été à l'origine d'actes de violence attribués à des "provocateurs infiltrés".
Ils ont rappelé avoir été partie prenante d'un dialogue avec les autorités sur les problèmes sociaux de la région confrontée au chômage.
"Nous sommes surpris, c'est un jugement trop sévère", a affirmé Me Chokri Belaid, estimant que les accusés n'avaient fait "qu'exercer un droit syndical, défendre le droit au travail et à une vie digne".
La défense a dénoncé de mauvais traitements, certains prévenus ayant tenté sans succès d'attirer l'attention de la cour sur des séquelles de torture, a indiqué à l'AFP Antoine Aussedat, avocat mandaté par le barreau de Paris et la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).
Les autorités ont assuré que les prévenus ont bénéficié "de tous les droits et garanties d'un procès équitable" et de conditions de détention "garantissant leur intégrité physique et morale".
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Tag(s) : #j'accuse
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