la crise financière se transforme en crise de crédibilité...
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Le secteur bancaire, en Tunisie n’a pas été touché, fort heureusement, car peu d’investissements ont été effectués sur ces produits douteux, dira Mme Guellouz.
Les promoteurs, architectes, agents immobiliers et autres intervenants dans le secteur étaient d’accord sur un seul point : cette crise peut être une opportunité, car l’immobilier est la meilleure valeur refuge. Grâce à la paix sociale et à l’excellent climat des affaires qui règnent en Tunisie, ce serait l’occasion ou jamais d’attirer de nouveaux promoteurs qui sont tentés par la délocalisation, surtout que le rapport qualité/prix de la main d’œuvre tunisienne est très encourageant.
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**************Coup de froid sur le marché de l’immobilier tunisien
11-02-2009
Après plus d’une quinzaine d’années de croissance ininterrompue, le marché de l’immobilier tunisien est en train de se retourner. Les prix étaient devenus totalement déraisonnables.
Par Walid Kéfi, Tunis
Les clignotants passent rapidement au rouge sur le marché de l’immobilier en Tunisie. Depuis plus de trois mois, les professionnels parlent d’attentisme des ménages et d’annulations limitées de transactions immobilières, mais refusent de reconnaître un repli de l’activité.
Un récent rapport de la Banque centrale de Tunisie (BCT) a démenti cet optimisme de façade. Ce rapport évoque un « ralentissement avéré » du marché de l’immobilier au cours du dernier trimestre de 2008. Il mentionne également une baisse des prix de 10% ainsi qu’un taux de méventes de 12% pour les constructions neuves sur tout le territoire. Plusieurs milliers de logements invendus se sont ainsi ajoutés aux 200 000 logements déjà vides, le parc immobilier tunisien ayant atteint à la fin 2007 quelque 2,5 millions de logements pour 2,3 millions de ménages seulement, selon les données de la chambre syndicale des promoteurs immobiliers rattachée à l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), le patronat tunisien.
Des agences immobilières fragilisées
Le ralentissement concerne essentiellement les régions côtières, où l’augmentation des prix avait avoisiné 15% au cours des quinze dernières années, soit presque le double de la moyenne nationale. Dans les nouveaux quartiers huppés de Tunis comme la Cité Ennasr ou encore les Berges du Lac, les professionnels ont enregistré des baisses situées autour de 15% du prix du mètre carré fini dans le neuf depuis novembre dernier. Entre octobre et décembre, les mises en chantier ont chuté de 18% par rapport à la même période de 2007, selon les estimations des promoteurs. Signe encore plus révélateur du marasme naissant : le groupe émirati Damac Properties a annoncé fin novembre le gel de son projet de construction d’une zone résidentielle et touristique de haut standing à Korbous, dans l’est du pays.
Plusieurs milliers de logements invendus se sont ainsi ajoutés aux 200 000 logements déjà vides, le parc immobilier tunisien ayant atteint à la fin 2007 quelque 2,5 millions de logements pour 2,3 millions de ménages seulement.
Les agences immobilières ont été les premières à payer les pots cassés. « La majorité des agences ont vu leurs chiffres d’affaires régresser de 15% en 2008 sous l’effet de la baisse des ventes au cours des derniers mois », assure Chokri Keskès, président du syndicat des agents immobiliers. Même les agences qui ciblent les étrangers n’ont pas été épargnées. « Ma Villa Immobilière » spécialisée dans ce segment dans la région touristique du Cap Bon (nord-est) a enregistré, durant les trois derniers mois de l’année écoulée, une chute de près de 50% du volume de ses transactions en comparaison avec la même période de 2007.
Optimisme indécrottable
Le retournement du marché de l’immobilier intervient après une phase de hausse phénoménale qui a duré une quinzaine d’années. Entre 1993 et 2007, les prix ont progressé de 120%. « Après cette longue période de surchauffe, une correction du marché était indispensable, d’autant plus qu’une distorsion douloureuse entre les prix pratiqués et le pouvoir d’achat des ménages était perceptible depuis plusieurs années », estime un promoteur. Même son de cloche chez Moncef Koôli, président du syndicat des promoteurs : « la capacité financière des ménages s’est fortement réduite sous l’effet d’une folle hausse des prix malgré l’allongement de la durée de remboursement des prêts et la réduction des exigences d’apports personnels ». Les professionnels se cramponnent toutefois à un optimisme indécrottable et tablent sur une reprise de la demande à partir du deuxième semestre de 2009. « Nous ne sommes pas sur le chemin d’un krach immobilier. La correction du marché va contribuer à restaurer le pouvoir d’achat des particuliers souhaitant devenir propriétaires », conclut le président du syndicat des agents immobiliers. Encore faut-il que les banques ne serrent pas trop le robinet du crédit.
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