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Mais au fait, qu'est-ce qu'un taux directeur et à quoi sert-il ? C'est le taux auquel empruntent les banques auprès de leur banque centrale. Il détermine, en principe, les autres taux des prêts qu'elles vont accorder à leurs clients. Pierre Tenaud s'est intéressé aux taux directeurs et leurs implications dans votre vie quotidienne. Découvrez son article bonne lecture saloua ************************ Les taux directeurs sont d'obscurs outils utilisés par les banques centrales. Mais leur impact sur la vie quotidienne est primordial. Leur gestion est donc très stratégique. Pourquoi les taux directeurs sont-ils si importants ? Chaque annonce des banques centrales à propos d'une baisse ou d'une hausse des taux directeurs fait s'émouvoir toute la planète finance. Pourtant, cet obscur taux, actuellement fixé à 1% par la BCE, peut sembler abstrait pour un simple citoyen. En fait, il n'existe pas qu'un seul taux dit directeur. L'ensemble de ces taux détermine le coût de l'emprunt pour les banques. Alors, pourquoi est-ce si important de savoir si ce taux baisse ou monte ? L'effet de ce taux directeur sur votre vie quotidienne est indirect mais important. Lorsque la BCE augmente son principal taux directeur, les banques paient plus cher pour emprunter et répercutent ensuite cette hausse sur les taux qu'elles proposent à leurs clients. Le taux directeur est la principale arme de la politique monétaire et devient la seule variable économique sur laquelle il est possible d'agir. Quel est l'effet d'une hausse des taux ? Une hausse des taux directeurs a pour effet d'augmenter le coût du crédit. Voilà un impact direct de la hausse des taux directeurs sur votre vie quotidienne. La banque centrale relève donc ses taux lorsqu'elle veut limiter le crédit, c'est-à-dire la création monétaire. En limitant l'émission de monnaie, elle cherche à tempérer l'inflation. En effet, l'inflation est une conséquence de la surproduction de monnaie. Comme pour n'importe quelle marchandise, la loi de l'offre et de la demande s'applique à la monnaie. Moins il y a d'argent en circulation, plus cette "denrée" particulière sera rare, donc précieuse. Dans son combat contre l'inflation, une banque centrale qui relève ses taux soutient l'épargne par rapport à l'endettement. Des taux élevés sont-ils synonymes de bonne santé économique ? Si les taux élevés permettent de lutter contre l'inflation, ils ont aussi leurs effets pervers. Des taux élevés défavorisent l'emprunt, ce qui revient à pénaliser l'investissement et la création d'entreprise. La banque centrale doit donc éviter de pénaliser la croissance ou de laisser filer l'inflation. Il s'agit d'un jeu d'équilibre où il est nécessaire d'effectuer un dosage entre un endettement utile et une expansion monétaire dramatique. Les banques centrales tentent donc de s'adapter à la situation à la manière d'un cuisinier qui rajouterait une pincée de sel ou de poivre selon les cas. Quel impact sur les taux de change ? Si la quantité de monnaie en circulation est trop importante, non seulement les biens vaudront plus cher mais les autres devises aussi. Ainsi, lorsque les taux sont trop bas, la devise est très faible par rapport aux autres monnaies dont le taux est plus élevé. Dans ces conditions, importer des produits devient coûteux. En effet, comme la monnaie nationale a moins de valeur, les produits extérieurs coûtent plus cher. Des taux trop faibles pénalisent donc le pouvoir d'achat tout en favorisant l'endettement. A l'inverse, des taux élevés entraînent un renforcement de la monnaie par rapport aux autres, facilitent les importations et pénalisent la balance commerciale. Surtout que, dans le même temps, puisque la monnaie est forte, les biens nationaux valent cher par rapport aux produits étrangers. Par exemple, si 1 euro vaut 1 dollar et que, après quelques mois de taux européens élevés, 1 euro achète désormais 2 dollars, les Américains, s'ils veulent acheter un produit européen, devront débourser deux fois plus de dollars qu'avant la politique de hausse des taux. Quelle gestion des taux en période de crise ? La gestion des taux d'intérêt est devenue peu à peu le principal levier des politiques économiques. Deux grandes écoles s’affrontent quant à leur utilisation, notamment en période de crise. La première, monétariste, défend l'idée qu'il ne faut pas jouer sur la monnaie pour relancer la croissance et qu'il faut réserver l'usage des taux directeurs pour la lutte contre l'inflation. Elle préconise donc de garder des taux directeurs élevés, y compris pendant les crises, au risque de rendre plus difficile l'emprunt, donc l'investissement, la consommation et, finalement, la croissance. Pour les tenants de cette école, il faut que la crise se règle d'elle-même, afin que la situation redevienne saine. La seconde école, interventionniste, estime que, en période de crise, il faut relancer la consommation et l'investissement en rendant le crédit plus facile d'accès. Cependant, les monétaristes reprochent aux interventionnistes de favoriser de nouvelles bulles en faisant couler l'argent à flot. Selon eux, c'est ce qui s'est produit après la bulle des valeurs Internet en 2001. La Fed a très largement abaissé ses taux pour contenir l'explosion de la bulle des start-up. La technique a fonctionné et, dans un premier temps, l'explosion de la bulle n'a fait que des dégâts limités. Mais la baisse drastique des taux a créé une bulle immobilière qui a explosé au visage des Etats-Unis, entraînant la crise du subprime.
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Tag(s) : #Lexique
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