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Entretien avec Karim Hajji, DG de la Bourse

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· Pourquoi s’introduire?

· La méthode de sélection des entreprises potentiellement cotables


- L’Economiste: Vous avez identifié 500 sociétés cotables. Comment les avez-vous sélectionnées et sur quelles bases?

- Karim Hajji: Les 500 sociétés que nous avons identifiées exercent leurs métiers dans différents domaines d’activités. Il y a l’agroalimentaire qui représente près de 16% de ce potentiel. Se succèdent ensuite les biens d’équipement industriel avec 14%, le BTP avec 11%, les nouvelles technologies de l’information et les centres d’appels avec 8%, la distribution et le commerce 6%.
Et puis, il y a des secteurs qui arrivent entre 5 et 6%, notamment l’industrie chimique et plastique, l’équipement automobile, la pharmacie et le cosmétique, le textile et le cuir ainsi que le tourisme. Par ville, la région de Casablanca constitue, clairement, l’essentiel du bassin d’entreprises potentiellement cotables qui représente les trois quarts.

- Les incitations fiscales aussi attrayantes soient-elles, ne représentent pas la seule motivation pour un émetteur à rejoindre la cote?

- Il est sûr que les PME marocaines ont besoin de fonds propres d’autant plus que les banques sont devenues plus regardantes sur les niveaux de risques des PME. C’est pour cela que la Bourse peut intervenir comme complément de financement pour les entreprises en les dotant de fonds propres. Des fonds qui seront à même de leur permettre d’assurer leur développement et de les rendre plus banquables vis-à-vis des institutions financières.
Par ailleurs, l’introduction en Bourse est un label de qualité et de transparence. Elle permet également un gain en notoriété et une institutionnalisation du capital de la société. De plus, une IPO induit l’association du personnel aux fruits de la croissance de la société, par le biais de stock-options. Enfin, elle facilite la transmission du patrimoine et l’enrichissement du promoteur de l’entreprise. Son investissement devient plus liquide et lui plus riche.

- Les survalorisations sont parfois contestées?

- Depuis 2007, nous avons assisté à des niveaux de valorisation qui étaient parfois déraisonnables du fait d’une concurrence des conseillers.
Pour ma part, je considère que les niveaux de valorisation sont raisonnables. Celles-ci devraient être incitatives pour les émetteurs. Ce serait déraisonnable de s’attendre à des valorisations comparables à celles observée en 2007 qui étaient de l’ordre de 26, voire 28 fois les bénéfices. Ce n’est pas sain pour le marché.
Dans l’intérêt même d’une entreprise qui s’introduit en Bourse, une valorisation excessive n’est pas une bonne chose. En effet, celle-ci implique des anticipations de la part des investisseurs auxquels il faut répondre, donc pouvoir délivrer les résultats. Cela n’est pas acquis. En somme, des niveaux trop élevés de valorisation ne sont pas dans l’intérêt ni des émetteurs, ni de la Bourse, encore moins des investisseurs. Nous ne sommes donc pas en faveur des valorisations abusives.


Propos recueillis par
Moulay Ahmed BELGHITI

source : http://www.leconomiste.com/
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Tag(s) : #articles de presse
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