Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, confirme qu'il prend "très au sérieux la menace d'une guerre des monnaies" et promet de faire des "propositions" pour "l'éviter", dans un entretien publié jeudi par le quotidien français Le Monde.
"Je prends très au sérieux la menace d'une guerre des monnaies, même larvée", déclare-t-il juste avant d'accueillir, jeudi, à Washington, l'assemblée générale annuelle du FMI. "Il faut l'éviter, le FMI fera des propositions en ce sens", ajoute Dominique Strauss-Kahn. Selon le patron du Fonds, la reprise de l'économie mondiale peut faire ressurgir "la tentation de solutions nationales", "notamment en matière de monnaie". "On l'a vu avec l'intervention japonaise pour faire baisser le yen, avec les alarmes brésiliennes face à la montée du real", souligne-t-il.
Le risque d'une guerre des devises plane ces derniers jours sur l'économie mondiale, plusieurs pays émergents, notamment la Chine, étant accusés par les États les plus riches de ne pas vouloir laisser leur monnaie s'apprécier afin de stimuler leurs exportations.
DSK regarde les sondages sur 2012 "avec prudence"
Dominique Strauss-Kahn confie aussi qu'il observe "avec plaisir" sa cote de popularité présidentielle grimper en France, mais affirme une fois de plus être concentré sur son mandat de directeur général du FMI. Depuis plusieurs mois, l'ancien ministre de l'Économie est consacré par les sondages comme le présidentiable socialiste préféré des Français pour affronter Nicolas Sarkozy en 2012. "Cela montre que les Français ne m'oublient pas ; je ne les oublie pas non plus", précise-t-il au quotidien. Cependant, ajoute-t-il, "j'ai trop d'expérience pour ne pas regarder ces sondages avec prudence".
"Aux journalistes norvégiens, brésiliens, allemands ou français qui ne cessent de me poser la question, je réponds que je suis concentré sur mon mandat", qui court jusqu'en décembre 2012, souligne le directeur général du FMI. Le Parti socialiste doit désigner son candidat pour la prochaine élection présidentielle lors de primaires programmées pour l'automne 2011. Les candidatures doivent être déposées avant l'été.
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