Le Sommet de Séoul s'est ouvert hier et se poursuit aujourd'hui, avec l'arrivée de Nicolas Sarkozy. Les vingt premières économies mondiales ont du mal à rédiger leur accord final.
Repères
C'est parti. Les dirigeants des vingt économies les plus importantes du monde sont réunis à Séoul, en Corée du Sud, pour donner une « direction et une vision » à l'économie mondiale, comme l'a fixé le président coréen, Lee Myung-Bak, lors du repas d'ouverture. Le président chinois, Hu Jintao, et le président américain, Barack Obama, y ont partagé boeuf coréen et flétan de la mer Jaune.
Hu Jintao et Barack Obama attablés. C'est entre ces deux convives que se joue le dialogue central du Sommet. On pouvait s'attendre à un règlement de comptes, Hu Jintao reprochant à Barack Obama de faire fonctionner la planche à billets, Barack Obama reproche à Hu Jintao la sous-évaluation chronique de sa monnaie. Dans les deux cas, on accuse l'autre de favoriser ses exportations.
La Chine proteste de sa bonne foi. La réforme du yuan se fera inéluctablement « mais a besoin d'un environnement extérieur très favorable », a déclaré Hu Jintao lors d'une rencontre avec Barack Obama, selon un porte-parole chinois. Un autre porte-parole chinois avait expliqué un peu plus tôt : « Nous allons améliorer le mécanisme de taux de change contrôlé, laisser le marché jouer un plus grand rôle et augmenter la flexibilité du taux de change du yuan afin de le maintenir dans une voie équilibrée. »
Les États-Unis se justifient. En retour, Hu Jintao a invité les autres pays (suivez son regard) « à prendre leurs responsabilités et à faire face à leurs propres problèmes ». Barack Obama a dû s'expliquer, hier, sur l'injection de 600 milliards de dollars dans son économie. Cette politique vise à stimuler la croissance aux États-Unis, mais aussi à l'étranger, assure-t-il. Mais il est « difficile de faire ça si nous commençons à voir les importants déséquilibres économiques qui ont contribué à la crise se développer à nouveau ».
Pas de plafond pour la balance. Les États-Unis ont, par ailleurs, renoncé à demander le plafonnement, par chaque pays, des excédents de la balance des comptes courants. Ils proposaient de les limiter à 4 % du Produit intérieur brut. Ce qu'ont refusé Pékin et Berlin : Ce « n'est ni économiquement justifié ni politiquement approprié », a asséné la chancelière Angela Merkel.
Une nouvelle réunion aujourd'hui. Hier, des représentants des pays émergents semblaient satisfaits de l'ébauche du communiqué final. Un délégué indien estimait « ni trop réservée ni trop engagée » la formulation concernant le déséquilibre des comptes courants, bien que, à ce stade, il n'était pas fait mention d'objectifs chiffrés. Pour aboutir, une nouvelle réunion était envisagée ce vendredi afin de débloquer la finalisation du communiqué. Celui-ci proscrit les « dévaluations compétitives ». Ira-t-il jusqu'à pointer les « sous-évaluations compétitives » ?
Contestation dans la rue. Une femme d'une trentaine d'années a tenté, hier, de s'immoler par le feu devant le centre de congrès où se déroule le sommet. Elle s'est aspergée de dissolvant en criant « Meurtrier » avant que la police ne l'empêche d'enflammer le liquide. « G20, arrêtez de faire payer le peuple pour la crise », proclamait, par ailleurs, une banderole, tandis que 3 000 manifestants défilaient dans les rues.
source : http://www.ouest-france.f/image%2F1013226%2F20140816%2Fob_f4e145_salouabna.jpg)