Manifestation contre le chômage à Tunis : la création d’emplois demeure insuffisante
L’avenir économique de la Tunisie s’annonce difficile. Chômage trop élevé, inflation galopante, et déficit commercial de plus en plus lourd. L’observateur de la conjoncture économique tire la sonnette d’alarme, et recommande des réformes « structurelles et culturelles ».
La situation économique en Tunisie est loin d’être encourageante, selon l’Observatoire tunisien de la conjoncture économique (OCE), dans son dernier rapport. Certes, l’économie tunisienne a enregistrés une croissance du PIB de 2,1% depuis juillet dernier, accompagnée d’une légère baisse du chômage, mais il est « prématuré de parler de redressement économique », affirme l’OCE.
Ce pessimisme de l’OCE est motivé par plusieurs paramètres. Le chômage demeure à un niveau trop élevé, avec 17,9% au printemps dernier, contre près de 19% durant la même période de 2011. Le chômage toucherait, en 1014, quelques 34% de la population diplômée de l’enseignement supérieur.
Pour que le chômage se stabilise à des niveaux acceptables, l’économie tunisienne doit renouer avec une croissance à hauteur de 6%. Ce qui, en l’état actuel des choses, n’est pas du tout envisageable. Les prévisionnistes tablent d’ailleurs sur une croissance de 3.5% pour 2012 et de 4% pour 2013.
Selon le rapport de l’OCE, la Tunisie a enregistré un déficit commercial de 7.424 milliards de dinars durant les huit premiers mois de 2012, contre 4.924 milliards de dinars de déficit durant la même période de 2011. La baisse des exportations se confirme à travers la «perte de marchés» vis-à-vis de pays concurrents, comme le Maroc, qui a augmenté ses exportations vers la France, l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne, au moment où celles de la Tunisie baissaient. Les marocains, indique le rapport, ne sont pas assez présents dans les industries mécaniques et électriques, mais ils se révèlent plus performants en ce qui concerne la production agricole et agroalimentaire.
« Identifier de nouvelles sources de croissance. »
Autre signal alarmant, le rapport fait état d’une baisse de 2% des importations, due essentiellement au recul des achats d’équipements, qui ont chuté de 15%. Depuis 2012, les échanges extérieurs de la Tunisie ont suivi une « dynamique disjointe », avec un « onshore » qui tend à retrouver les niveaux d’avant 2011, et un offshore « en récession, qui semble s’inscrire dans la durée ».
Le tourisme est l’un des rares secteurs d’activité à avoir réussi une bonne reprise en 2012. Les recettes touristiques ont progressé de 35,7%, durant les huit premiers mois de 2012, comparativement à la même période de l’année écoulée. Mais ce résultat doit être tempéré, car il fait suite à une baisse significative en 2011.
L’autre défi et non des moindres de l’économie tunisienne a trait à l’inflation, qui reste toujours en dessus de la barre des 5%. L’inflation est qualifiée de « second choc » qui a frappé l’économie tunisienne après celui des répercussions de la récession, qui a affecté plusieurs de ses partenaires de la Zone euro.
Le pire, lit-on dans le rapport, est que cette situation économique peu enviable risque de durer, compte tenu de « l’inertie structurelle caractérisant le tissu économique ». L’observatoire de la conjoncture économique a mis en exergue « la nécessité pressante d’identifier de nouvelles sources soutenables de croissance ».
L’économie tunisienne a besoin d’une «transformation structurelle et culturelle profonde» pour aller vers une productivité plus élevée et porteuse d’emplois qualifiés. Les réformes de «grandes envergures» toucheront le système éducation, les secteurs de l’innovation et de la technologie, ainsi que les aspects liés à la flexibilité et la mobilité du marché du travail, selon le le rapport .
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