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Turbulences d’Airbus au-dessus de Tunis

 

Le documentaire s’appelle « la pieuvre ». Il dure 48 minutes et décrit par le menu les liaisons dangereuses de la maison Airbus avec les autorités Tunisiennes.

 

A partir du 15 Juin, l’alléchante bande-annonce passée en boucle pendant cinq jours sur la chaîne privée NESMA TV.  Morceau de choix, un ancien PDG de Tunisair y assure que le constructeur aéronautique a versé des commission lors du contrat de 2,5 milliards d’euros signé en 2008, sous Sarko, pour le renouvellement de la flotte.

En puis, soudain, plus de son, plus d’image. L’émission est déprogrammée sur ordre de patron de la chaîne, Nabil Karoui. Il ne s’agit pas de censure, explique-t-il. Mais, à la réflexion, le sujet – qu’il trouvait formidable – ne serait pas bon pour l’image de la Tunisie et de la compagnie nationale". Et puis, finalement, la réalisation ne serait pas assez rigoureuse.

Quelles horreurs raconte donc l’enquête de Jamel Arfaoui, le journaliste vedette de la chaîne, qui a travaillé quatre mois sur les liens étroits entre Tunisair et Airbus ?

Entre autres, que le contrat conclu en 2008 pour l’achat de 16 avions et de l’A340, ou « Ben Ali One », à l’usage exclusif du dictateur, aurait donné lieu au versement de commissions.

C’est en tout cas ce qu’affirme Nabil Chettaoui, qui a été à la tête de Tunisair de 2007 à 2011. Sous les verrous, comme plusieurs anciens dirigeants de sociétés nationales tunisiennes, il met les pieds dans le plat devant le caméra. « j’ai déclaré que, sous l’ère Ben Ali, il y avait eu des commissions versées’(…) raconte-t-il. J’avais fait cette réponse au journaliste du « Temps » (un quotidien tunisien). Et, moi, je sais que j’ai été dégommé de Tunisair uniquement à cause de cette déclaration ». De fait, maintenu plusieurs mois après la révolution, il a été débarqué quatre jours après la publication de cet entretien dans la presse écrite.

 

Au cours des soixante heures d’interview, le journaliste demande si les commissions sont passées par lui. « Non, répond Chettaoui, cela passait par un grand cabinet d’avocats ». Parisien, en l’occurrence. Une piste confirmée dans le film par Ezzeddine Mhedhbi, avocat lui-même et membre de la Commission nationale des investigations sur les malversations, créée après la chute de Ben Ali.

Chez Airbus, en attache sa ceinture : « C’est n’importe quoi. Ce ne sont pas des pratiques de la maison. Quant aux propos de M. Chettaoui, c’est de la diffamation ».

Il est loin, le temps où le gratin d’Airbus, au garde-à-vous, déroulait le tapis rouge au même Chettaoui.

 

Brigitte Rossigneux.

 

source : http://www.lecanardenchaine.fr/

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Tag(s) : #j'accuse
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