Un phénomène massif et global est en train de se propager …c’est le « landgrap » ou « accaparement des terres », une tsunami que les économistes n’hésitent plus à parler.

Les cessions des terres agricoles aux vampires cravatés représentent une menace pour la souveraineté alimentaire de notre pays, d’ailleurs si les saoudiens cherchent l’agrobusiness ce n’est pas pour nos beaux yeux, c'est pour assurer leurs propres besoins alimentaires, pour garantir à leurs populations leur nourriture.
Un autre problème se pose aussi, le droit à la propriété foncière, les législations autour de ce droit sont floues.
Donc, il est temps pour que nos dirigeants sachent avant de signer les contrats gagnant-gagnant que l'eau et la terre sont désormais des instruments de puissance et de sécurité.
Sauvons nos cimetières, un jour ils penseront à vendre nos tombes.

Food crisis and the global land grab
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En visite en Arabie Saoudite, et reporté par des médias locaux, une délégation de l’Union Tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche (Utap), a proposé au secteur privé saoudien la création de projets mutuels dans le secteur agricole dans l’objectif « de combattre la crise alimentaire qui est apparue durant les dernières années » et qui « permettra aux deux pays d’exporter des produits agricoles (fruits et légumes) aux pays du Moyen Orient et d’Europe ». Cette proposition a été faite lors de la réunion mixte qui a eu lieu samedi dernier à la Chambre de Commerce de Djeddah.
Selon Mazen Mohammed Batraji, vice président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Djeddah « ce genre de rencontres devrait permettre l’élargissement et la diversification de la coopération et des investissements entre les secteurs privés et publiques entre les deux pays ». La coopération, a-t-il ajouté, entre les hommes d’affaires des deux pays dans les différents secteurs économiques, bénéficie d’une forte confiance dans les deux communautés grâce aux ressources disponibles dans les deux pays.
Pour sa part, M. Youssef Kchouti, membre du conseil des Conseillers et du bureau exécutif de l’Utap et chef de la délégation, a précisé que l’Arabie Saoudite est la première étape d’une tournée que la délégation effectue dans les pays du Golfe. Il a proposé aux hommes d’affaires saoudiens la réalisation de projets d’investissements conjoints dans le secteur agricole notamment dans plus de 5 millions d’hectares de terres fertiles et pavées pour l’agriculture mis à la disposition. Il a aussi noté que la Tunisie ne cesse d’améliorer la productivité et réduit les coûts de production afin d’avoir l’avantage concurrentiel avec beaucoup de pays avancés au monde dans cet aspect.
source :Investir en Tunisie (Audinet Conseil) | Lundi, 28 Décembre 2009 http://farmlandgrab.org/10050
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Ce rapport commandé par Nathalie Kosciusko-Morizet au Centre d’analyse stratégique a pour objectif de proposer un cadre plus transparent à ces transactions et des règles pour s’assurer qu’elles s’accompagnent de progrès sociaux pour les pays « vendeurs ». Alors que l’industrie européenne de l’agro-alimentaire prévoit de consacrer une grande partie de ses investissement en dehors de l’Union, les différentes solutions envisagées permettront d’apporter un éclairage nouveau à destination des pouvoirs publics comme des instances européennes.
Plus d’un milliard d’êtres humains souffrent aujourd’hui de la faim dans le monde. La crise alimentaire de 2008 a encore assombri ce tableau faisant sombrer dans la faim et la pauvreté chroniques, selon les termes mêmes du directeur général de la FAO, quelque 100 millions de personnes de plus par rapport à 2007. Alors que la population mondiale, estimée en 2010 à 6.8 milliards d’individus, devrait atteindre 9 milliards d’ici 2050, la sécurité alimentaire s’impose au cœur des grands défis de ce siècle et replace sur le devant de la scène la question des cessions d’actifs agricoles à des investisseurs étrangers.
Afin de garantir leurs approvisionnements, nombre de pays ont adopté des stratégies offensives d’acquisitions de terres arables hors de leurs frontières, en particulier dans les Pays en développement (PED) et Pays les moins avancés (PMA), pour lesquels ces investissements doivent se traduire par des opportunités de développement.
Or, l’absence de gouvernance foncière dans la plupart des pays « hôtes », notamment sur le continent africain, comme de code permettant d’encadrer et de réguler ces transactions peuvent avoir des conséquences dramatiques sur les populations locales. La spoliation des terres, l’augmentation du prix des denrées alimentaires ou encore la pollution de l’environnement en sont les risques majeurs. A ces menaces bien concrètes s’ajoute également le risque de dérive spéculative sur les terres arables.
Nourrir 9 milliards de personnes en 2050 impose d’actionner deux leviers :
accroître la production agricole mondiale de 70%, selon les estimations de la FAO, ce qui suppose d’augmenter fortement les investissements dans l’agriculture, en particulier dans les PMA et PED.
Permettre aux plus pauvres d’accéder à la nourriture. Les investissements agricoles dans les PMA et PED sont donc amenés à se développer très fortement. La crise financière récente nous l’a montré : plutôt que d’être un jour contraints à moraliser en urgence les dérives potentielles d’un système, il vaut mieux le réguler en amont. C’est pourquoi il nous incombe de mettre en place une régulation des phénomènes de cessions agricoles.
Elle pourrait s’appuyer sur deux principes :
Un apport de capital massif dans les filières agricoles des pays du Sud est indispensable pour nourrir huit milliards d’êtres humains en 2030. Il faut donc augmenter les investissements et les sécuriser : l’absence de cadre foncier reconnu dans une grande partie des Etats africains est une source majeure de risque pour les investisseurs ;
mais ces investissements ne seront cependant acceptables que s’ils sont réalisés de manière responsable. Nombre de PED et de PMA font le choix de céder des terres agricoles à des entreprises et Etats étrangers, alors même que certains n’arrivent pas, à nourrir leur population Les investissements devront donc être accompagnés d’une concertation transparente avec les parties prenantes locales.
Cette démarche de responsabilité pourrait conduire à la création d’un label « Agro Investissement Responsable ». Ce dernier devrait diminuer les risques de long terme associés au projet et permettre aux investisseurs d’obtenir de meilleurs taux d’emprunt. De plus, la publicité de ce label auprès des consommateurs pourrait favoriser la vente des produits correspondants.
Elle devrait également s’appuyer sur les institutions internationales qui réfléchissent activement sur ce sujet et sur une action déterminée de l’Union européenne et de la France pour aider les pays hôtes à négocier avec les investisseurs.
FAO: les multinationales accusées de chasser les paysans de leurs terres
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