« Le jour où j’ai insisté sur l’affaire de l’acquisition des 16 Airbus et j’ai dénoncé l’interventionnisme éhonté de TASC, filiale d’Airbus dans le plan de flotte de Tunisair, j’ai été écarté de la direction générale de Tunisair. J’aurais dû comprendre que dénoncer Airbus et le jeu d’influence dont le constructeur a usé pour vendre les 16 Airbus à la Tunisie était me condamner d’avance… ». Cette déclaration est de Nebil Chettaoui , ancien PDG de Tunisair, aujourd’hui en prison pour le « délit » d’emplois fictifs dont il nie être responsable et pour lequel d’autres ont été relâchés…
Jamel Arfaoui, journaliste d’investigation qui a travaillé pendant trois mois sur les pratiques douteuses et les malversations qui ont, pendant des années, mis à plat la compagnie aérienne nationale et qui a interviewé M. Chettaoui, n’en revient pas lui-même de ce qu’il a découvert au fil de son enquête : «Un documentaire digne de la série italienne la Piovra», nous explique t-il. Il démontrera également qu’Airbus a les bras longs en Tunisie car il n’est pas normal qu’Air France ne se soumette pas aux pressions de son gouvernement et répartisse sa flotte sur les deux constructeurs aéronautiques Boeing et Airbus pour ne pas être dépendante d’un seul fournisseur, alors qu’on impose à Tunisair 16 Airbus d’un seul coup. «Le documentaire décortiquera le processus d’acquisition des Airbus, la participation de la famille de l’ancien président de la République dans tous le processus de négociation de leur achat ainsi que celui de l’acquisition du simulateur de vol qui se trouve aujourd’hui à la Charguia ».
Le documentaire passera bientôt sur la chaîne Nessma et il décrypte le processus d’éclatement de Tunisair en trois filiales, le catering, le handling et l’exploitation ainsi que leur retour au bercail aux dépens des équilibres financiers de la compagnie. La participation au capital de la compagnie aérienne mauritanienne « Air Mauritania » aux dépens de la rentabilité de Tunisair sera tout autant décryptée.
La cerise sur le gâteau sera la construction de l’avion présidentiel, le A 340-500, pour le compte de Ben Ali que la présidence actuelle aurait prétendu avoir mis en vente pour 261 millions de $ alors qu’il a valu entre 120 millions et 140 millions de $ mais qui n’est pas encore vendu.
Les téléspectateurs pourront découvrir l’intérieur de cet avion qui exprime la folie des grandeurs d’un chef d’Etat qui a mené le pays vers le chaos à cause de sa petitesse…
Jamel Arfaoui pourra peut-être nous expliquer qui a été réellement derrière la révocation de Nebil Chettaoui de son poste à Tunisair et quel est le rôle d’Airbus dans sa « démobilisation ».
Rappelons que TASC est une Filiale à 100% d’Airbus, spécialisée dans la gestion des pièces et équipements aéronautiques de seconde main, mais aussi dans le marketing et la vente de tous les équipements déposés d’un avion (y compris la gestion des réparations) hors équipements CFMI. TASC est aussi conseil en aéronautique, proposant des stratégies pour le développement des compagnies aériennes. Elle agit en Tunisie en tant que multinationale conquérante et vénale sans aucun égard pour les intérêts réels de la compagne battant pavillon national et en usant de ses relations avec les milieux influents dans les hautes sphères du pouvoir à l’époque Ben Ali. Il semblerait pourtant que ses tentacules soient toujours aussi agissants dans certains milieux influents pour qu’Airbus ne soit pas à ce jour touché directement par le scandale de l’acquisition des Airbus.
source : webmanagercenter.com
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