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Le premier Salon national des services bancaires et de la monétique  en Tunisie qui a regroupé toutes les institutions financières bancaires et non bancaire ainsi que l'ensemble des acteurs du système bancaire et financier tunisien, a suscité plusieurs commentaires, j'ai choisi pour vous cet article - il est exceptionnel - écrit par M. Walid AMDOUNI. j'attends votre opinion. bonne lecture.





5-11-2007 :
Le premier salon des services bancaires en Tunisie, dont la cible principale paraît être la clientèle des particuliers, aura été une manière de réduire les écarts d’information entre offreurs et demandeurs de services : moyens de paiements et financement de biens.
Une manière aussi de hisser la qualité des services offerts en mettant les différents concurrents l’un à côté de l’autre, de façon à identifier un benchmark -le leader- en matière de qualité…Le salon a-t-il pour autant permis de réduire un tant soit peu le dialogue de sourds qu’entretiennent les banques avec les entreprises ?

 
La panoplie des crédits offerts à l’entreprise, aussi riche soit-elle, reste pour la plus part des cas subordonnée à l’apport de garanties. Les entreprises de leurs côté ne font presque rien pour remédier à cette situation qui tend à s’éterniser…Le financement des entreprises en Tunisie reste majoritairement effectuée par le biais des emprunts bancaires, la finance indirecte continue à régner en maître absolu face aux efforts de développement de la finance directe.

 Le manque d’information financière…

On entend par la finance directe, le développement du marché financier; l’appel à l’épargne publique constitue un autre moyen de financement pour l’entreprise, qui ne nécessite pas la mise en jeu de garanties, mais implique d’autres critères et prérogatives, un autre type de pré-requis ! Les sociétés doivent se mettre à développer leur information financière, elles doivent commencer à embaucher les comptables, les informaticiens, les auditeurs et les fiscalistes, afin de favoriser le travail d’analyse et de communication des informations cherchées par les investisseurs en bourse. La qualité de l’information communiquée est le gage recherché par le marché afin de favoriser le financement.

Le reporting réglementaire, notamment l’établissement de comptes annuels réguliers et sincères donnant une image fidèle de la situation financière de l’entreprise et de rapports de gestion exposant la situation de la société durant l’année et son évolution prévisible, ont un intérêt qui dépasse le simple respect de la loi. Il s’agit surtout de développer une la diffusion de l’information qui sous tend une culture favorisant les marchés. Les actionnaires et investisseurs engagent des capitaux sur la base des informations recueillies, véritable moteur d’expansion de la capitalisation boursière.

Les banques s’intéressent peu à l’information financière ?

Les banques demeurent, à l’heure actuelle, les véritables bailleurs de fonds de l’entreprise, ayant une relation « intime » avec elle, basée sur la pratique de prise de garanties, parfois excessives sous peine de se voir refuser l’octroi de crédit. L’effort d’analyse au sein des banques se retrouve hélas, encore relégué au deuxième plan ! Les banques prennent des garanties, s’intéressent peu aux résultats annuels et donc encore moins à la qualité de l’information financière diffusée par l’entreprise. Le système financier en Tunisie semble avoir du mal à résorber le retard accumulé face à l’objectif de passage d’un système basé sur la finance indirecte à un système basé sur la finance directe.
De plus, l’octroi de prêts subordonnés à la mise en jeu de garantie, ne favorise pas une culture de gestion du risque au sein des institutions financières. Ce modèle a déjà montré ses limites, puisque ayant abouti à un stock de crédits non performants assez élevé au fil des années. La réforme des banques Tunisiennes s’articulant autour de la refonte du cadre légal, l’amélioration des procédures de gestion du risque et la modification profonde de la structure de l‘actionnariat par l’entrée d’investisseurs stratégiques ne saurait réussir sans la contribution tout aussi fondamentale de l’entreprise.

Des pratiques rigides et une responsabilité partagée…

Le reporting annuel de l’entreprise se doit d’exprimer une valeur ajoutée à toutes les parties prenantes, les données se doivent de relever les faits, les tendances et les relations permettant ainsi de positionner l’entreprise par rapport à ses concurrents en relevant son attrait pour un investisseur. La communication financière de l’entreprise permettra aux banques d’utiliser à bon escient les analystes, la qualité des études effectuées au profit de ces mêmes entreprises à qui on demandera des plans d’activités plutôt que des garanties qu’ils ne peuvent parfois pas procurer. La responsabilité est de ce fait partagée, aux banques d’un côté et aux entreprises de l’autre, afin d’œuvrer à l’instauration de nouvelles pratiques moins rigides que celles qui nuisent actuellement au développement des uns et des autres.

 

«source  africanmanager »

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Tag(s) : #articles de presse
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