L’observation faite ci-dessus afférente à la corrélation qui semble établie entre le Dollar et les prix mondiaux du pétrole trouve sa justification dans le fait que le pétrole est un bien côté en dollar américain et que la baisse de ce dernier implique que chaque baril de pétrole, afin de se maintenir à la même valeur, se vend logiquement pour plus de dollars.
Si ce mouvement continue, le risque de voir le prix du pétrole poursuivre son impitoyable envolée est encore plus renforcé par une conjonction d’autres facteurs favorisant encore la baisse du billet vert. En effet, les analystes s’accordent à dire que les pays du golfe, comme le Qatar, ont déjà commencé à réduire leurs réserves en dollar, les substituant par des investissements fait dans d’autres pays à forte croissance, notamment en Chine, au Japon et dans d’autres pays asiatiques…Ainsi, les ventes massives du dollar accentuent sa baisse et la hausse des autres monnaies mondiales majeures.
Le Riyal d’Arabie Saoudite, dont la parité était depuis 1986 fixe par rapport au dollar américain, semble prendre un nouveau chemin puisque les autorités dans ce pays n’ont pas cette fois-ci suivi la dernière baisse des taux aux états unis en abaissant eux aussi leur taux directeur ; de manière à garder la parité fixe par rapport au dollar. En effet, la parité fixe implique que les deux pays suivent une même politique de taux d’intérêts.
La rupture ainsi observé fait craindre encore le pire du côté du dollar puisque l’Arabie Saoudite pourrait, dans une deuxième phase, commencer à réduire son stock énorme de réserves détenues en dollars, la parité fixe étant abandonnée. Les dollars pourraient être échangés contre d’autres monnaies à plus forte valeur comme l’Euros par exemple, accentuant du coup la tendance observée. Et d’autres pays du golfe peuvent suivre…
En effet, l’Arabie Saoudite n’est pas le seul pays du golfe qui maintient une monnaie à parité fixe avec le dollar, le Kuwait le fait et les Emirats Arabes Unies aussi. Le Kuwait a déjà rompu cette parité au mois de Mai dernier, les Emirats pourraient suivre dans le sillage de l’Arabie Saoudite. Et ce n’est pas fini…Le dollar pourrait être encore plus meurtri par l’éventualité de coter le pétrole en une toute autre monnaie, l’Iran fait déjà cela et les autres grands exportateurs peuvent suivre !
Plusieurs économistes américains convergent vers l’idée que la baisse du dollar va être encore plus ressentie suite à la baisse du taux directeur par la réserve fédérale américaine. Cette baisse, ainsi que les décisions d’injection de monnaie centrale dans l’économie, ont été des actions destinées à soutenir la crise des crédits immobiliers aux états unis. Ainsi le dollar paraît doublement pénalisé par sa propre banque centrale, puisque l’injection de monnaie mène, d’un côté à plus d’inflation, et la baisse des taux ne favorise par l’achat des bons de trésors américains et donc l’achat du dollar.
La réserve fédérale fait actuellement l’objet de virulentes critiques de la part de plusieurs économistes américains. Des critiques justifiées à plus d’un titre puisque les tensions inflationnistes observés n’ont pas empêché la baisse du taux directeur, une décision par ailleurs n’obéissant pas aux théories jusque là validées.
Un billet vert qui envoie les prix du pétrole vers les cieux, une tendance qui ne semblent pas s’arrêter de sitôt. Et pour cause…La demande de pétrole ne baisse pas de son côté, tiré par la croissance de plusieurs pays émergents.
La chine continue de réaliser des taux de croissance supérieurs à 10%, d’autres pays asiatiques et d’Europe de l’est continent eux aussi à réaliser de la croissance élevée et donc impliquant une demande soutenue de ressources naturelles, ce n’est pas le pétrole uniquement qui voit son prix augmenter, l’or et les autres métaux précieux voient aussi leurs prix se multiplier. Le raisonnement développé jusqu’ici, et l’effet du dollar qui sert comme monnaie de transaction, peut être transposé pour expliquer la hausse des prix des autres ressources naturelles.
Il y a certes une vraie politique de maîtrise de l'énergie en Tunisie. Au cours de l’atelier de travail sur la maîtrise de l'énergie, en marge de «Green Ifriqiya 2007», Benaissa Ayadi, directeur général de l'agence qui s’occupe de ce plan a rappelé que le programme d'action triennal de maîtrise de l'énergie et de promotion des énergies renouvelables (juin 2005/juin 2008), a fixé des objectifs d’économie d'énergie de l'ordre de 1,25 million de TEP (tonne équivalent pétrole) et Sami Marrou, directeur du programme ''PROSOL'' (mécanisme de financement destiné à la promotion de l'utilisation des énergies renouvelables à travers le développement de la filière chauffe-eau solaire), a prévu la réalisation, d'ici 2009, d'un parc cumulé d'installations de l'ordre de 540 mille mètres carrés de capteurs solaires, ce qui correspond à environ 46 mètres carrés de capteurs solaires pour mille habitants, avec pour objectif d’ici 2015 de réaliser 92 mètres carrés pour mille habitants. Il y a aussi un programme, dont on ne sait pas grand-chose, pour produire de l’électricité à base de nucléaire. Tout cela, et alors que la consommation tunisienne ira grandissante et galopante au moins du simple fait des mégaprojets immobiliers qui vont être réalisés par Sama Dubaï, Aboukhater et le reste des investisseurs, dans le pipe ou à venir, reste cependant du simple domaine des programmes à long terme !
Il est important, à notre sens, que le gouvernement tunisien quitte la politique simplement réactive qui ne fera que colmater les brèches et trouver de simples palliatifs, pour mettre au point une stratégie qui donnera de la visibilité aux investisseurs et tranquillisera le consommateur qui ne pourra pas supporter plus qu’il ne fait, les augmentations les une après les autres ! C’est, nous semble-t-il l’urgence des urgences pour le gouvernement tunisien !
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