Comment l'Union européenne s'intègre-t-elle dans la mondialisation ?Les Européens ont de la mondialisation une perception partagée. Ils sont une majorité à considérer qu'elle génère un effet plutôt positif dans la plupart des domaines (progrès scientifiques et techniques, solidarité entre les pays, démocratie, croissance économique...), mais estiment que davantage de règles sont nécessaires pour l'encadrer. Surtout, ils la considèrent dangereuse en matière d'emploi et d'inégalités et les Français sont à cet égard les plus méfiants : 63 % se disent favorables au développement de la mondialisation, mais 72 % la considèrent comme une menace.
Selon le document, cette inquiétude ne serait pas entièrement justifiée : les délocalisations d'activités, auxquelles on impute une part importante du chômage, ne représentent qu'une part limitée (7,1 %) des pertes d'emploi constatées au sein de l'UE. "Sans compter les emplois créés par la mondialisation, plus délicats à chiffrer", constate Yves Bertoncini, coauteur du recueil avec Christel Gilles. Mais les données recueillies ne donnent pas d'indication sur les pertes d'emploi provoquées par des délocalisations internes à l'Union européenne. Par ailleurs, la lecture du recueil est compliquée du fait que les données prennent en compte un périmètre variable de l'UE (à 15, à 25 ou à 27).
L'Europe présente un déficit de croissance par rapport aux Etats-Unis alors que les grandes économies émergentes ne cessent de se rapprocher des PIB occidentaux. La démographie la pénalise, puisqu'avec 1,5 enfant par femme, l'UE est la zone de plus basse fécondité au monde (la France, avec un taux de 2 enfants par femme, fait exception).
Pourtant, l'Europe s'avère en moyenne bien intégrée dans la mondialisation. Le niveau de richesse par habitant y est certes inférieur au Japon, au Canada et aux Etats-Unis. Mais selon le baromètre plus sophistiqué qu'est l'indice de développement humain des Nations unies (qui intègre santé, niveau d'éducation et niveau de vie), il apparaît que la plupart des pays de l'UE sont classés presque à égalité avec les Etats-Unis et le Japon.
L'Union européenne, premier exportateur mondial devant les Etats-Unis et la Chine, reste l'un des partenaires principaux du commerce mondial bien que sa contribution diminue sur la période récente. La productivité du travail dans l'Union européenne est en moyenne supérieure à celle du Japon et inférieure à celle des Etats-Unis, mais plusieurs pays membres devancent les Etats-Unis de ce point de vue (Pays-Bas, Irlande, France et Luxembourg).
Le niveau moyen des dépenses sociales en Europe est supérieur à celui des Etats-Unis, malgré d'importantes disparités au sein des pays membres. En revanche, les Etats-Unis consacrent un pourcentage beaucoup plus élevé du PIB national aux dépenses de santé.
En matière d'éducation, l'Europe dépense en moyenne deux fois moins pour l'enseignement que les Etats-Unis, en particulier pour l'enseignement supérieur - en raison de la faiblesse des dépenses privées. Idem pour les dépenses de recherche et de développement.
La répartition des revenus dans les pays européens est en général moins inégalitaire que partout ailleurs dans le monde. Mais la tendance est à un accroissement des inégalités salariales sur l'ensemble des pays de l'OCDE, y compris au sein de l'UE. Les pays du nord de l'Europe restent les plus égalitaires.
"source lemonde"
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