«L’entreprise Maghrébine et l’Asie : Défis et Opportunités». Tel a été le thème du cru 2007 de la journée de l’entreprise qui suit, cette année encore, l’actualité économique internationale et maghrébine. L’intitulé concerne certes l’Asie et les organisateurs ont même invité des représentants du secteur textile indien, mais l’actualité est plutôt de plus en plus marquée par le réveil de l’économie chinoise, à la consommation, à la production, à l’exportation et à la croissance tout court et presque toutes les interventions ont focalisé sur la Chine !
En face, il y avait des maghrébin dans cette journée et demi de travaux intensifs à Sousse. Une entité économique virtuelle, arrivée en rangs dispersés, avec en toile de fonds les constats faits par le séminaire du FMI sur l’intégration économique maghrébine et le rôle du secteur privé et qui faisaient états d’une grande déception, même avec la perspective des accords d’Agadir dont réunion devra aussi se tenir à Tunis. Des Maghrébins qui parlaient, chacun en porte drapeau de sa propre économie et de ses propres atouts et facteurs de concurrence, comme ce représentant du patronat marocain qui invitait les Chinois à venir exposer dans les locaux de l’exposition universelles qui n’avaient pas été retenus à cet effet, ou cet autre responsable patronal algérien qui mettait uniquement en valeur les potentialités algériennes pour l’investissement chinois, pour ne parler là que de ces deux importants marchés maghrébins pour une économie chinoise à la recherche de marchés. On n’oubliera pas non plus, pour être juste, l’exemple de ces multiples hommes d’affaires tunisiens qui essayaient, en aparté, de contacter tel ou tel homme d’affaire, indien ou chinois, pour un investissement en Tunisie ou cet autre qui mettait en exergue l’exemple à suivre de ce tunisien qui a ouvert deux entreprises exportatrices avec des Chinois. Car, sans vouloir dénigrer la volonté d’aucun à faire des affaires, l’objectif premier de cette réunion, était ou aurait du être de présenter un front, économique uni face à cette Asie dont on ne voit pour l’instant que la Chine et on y oublie le Japon, l’Inde ou même le Vietnam dont un représentant était aussi présent ! Et combien même, cette réunion aurait-elle dégagé ce front, toute l’économie maghrébine ne représenterait que quelques 120 millions de consommateurs, face à plus de 2,3 milliards de quelques pays de cette Asie !
Sommes nous dans la même galère que l’Europe ?
Autre constat de cette réunion de Sousse, les propos tenus par les uns et les autres et où chacun cachait son petit diablotin en poche. En témoignent les propos (avec le du respect pour la qualité et les compétences indéniables de celui qui les a tenus) de Christian de Boissieu, l’économiste en chef de différents gouvernements français, dont l’actuel, et président délégué du conseil d’analyse économique. On retiendra ce cri de peur face au danger chinois, lorsqu’il apostrophait les représentants surtout maghrébins en leur criant que «nous sommes dans la même galère» ! Il est pourtant vrai que c’est plus les entreprises européennes (et pour le cas françaises) qui auront plus à perdre que les maghrébines de cette montée en puissance de l’économie chinoise. Ceci avec la différence que ce n’est pas la petite entreprise tunisienne ou marocaine, mais bien l’européenne qui pourra se délocaliser en Chine et «sauver sa peau » et ses bénéfices ! Nous ne sommes donc pas dans la même galère, ou tout au moins ne le sommes nous pas avec les mêmes armes. L’Europe oubli aussi que les pays de l’UMA ne reçoivent encore, si tant est vrai qu’elle veut nous considérer dans la même galère qu’elle, que quelque 2 % de ses IDE ! Quel autre moyen sinon et comme le disait à juste titre les intervenant de la Banque Mondiale, que l’investissement et le partenariat industriel, pour aider les entreprises maghrébines à pérenniser leur croissance et à résister à la sirène chinoise qui a déjà conquis d’autres pays africain et fait amplement concurrence à l’entreprise européenne sur le sol africain notamment et avec les mêmes procédés des crédits d’investissement liés à l’obligation d’achat, que l’Europe ?
Toujours C. de Boissieu qui disait que «les difficultés à favoriser le développement des PME et à les mettre à niveau, se payait cash, en terme de croissance dans cette économie de marché» et d’avouer qu’il était lui-même contre (même s’il dit maintenant qu’il ne l’est plus !) l’idée de créer une banque régionale méditerranéenne de développement, pour financer justement le développement et la croissance de ces pays dont l’Europe se rend compte maintenant qu’elle est aussi son extension économique et son rempart du Sud !
Les Chinois, quand à eux, parlaient d’un palier au dessus, bien conscients qu’ils sont de leur position économique internationale. On retiendra cette réplique de Jhon Chiang, directeur associé du Dragon Bridge Venture Capital, lorsqu’il disait : «Vous ne pouvez pas nous concurrencer. Essayez plutôt avec l’Europe » ! Les Indiens, de leur côté, se positionnaient au milieu et considère le Maghreb comme «un facilitateur » de leur commerce, surtout de textile vu que les deux Indiens présents étaient des industriels du textile, avec l’Europe. Et même s’ils prônaient la coopération, ils n’en étaient pas moins chercheurs de débouchés pour leurs propres produits !
Les Chinois sont là ! Faisons avec !
Face à tout cela, une question se pose alors. Doit-on considérer les Chinois comme un péril ou comme une opportunité ? Une évidence se pose en réponse. Les Chinois sont déjà en Tunisie. Leurs investissements, IDE ou partenariats sont déjà là. Les exemples que nous citions dans notre news, en témoignent et la confiance qui leur a été témoigné du plus haut de la pyramide politique tunisienne, même pour des projets qui pourraient avoir une incidence écologique dans un système aussi fragile et protégé que l’île de Zembra, témoigne aussi de leur degré de sérieux. Les expériences, comme celle de Tarak Chérif qui y a fait plus d’un voyage et en a témoigné, montrent que leurs marchandises ne sont pas d’aussi mauvaise qualité que veulent bien le faire croire les Européens et leurs médias qui défendent surtout «leur baguette » !
Avec leur envie dévorante de croissance, avec leurs financements et leur savoir faire auquel ont recours les plus importantes multinationales européennes, représentent aussi des opportunités, des fois même plus sérieuses que les européennes. Toute économie en forte croissance dans le monde, créé normalement un effet de croissance mondiale. Ne pas en profiter et croire que «nous sommes dans la même galère » que les Européens, serait une erreur !
« source A.M »
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