NAIROBI, 6 décembre (Xinhua) -- Les accords de libre échange ( ALE) que l'Europe (UE) est en train de négocier avec l'Afrique menacent de porter atteinte au développement et de pousser la population dans une pauvreté plus accrue, a averti jeudi Oxfam (*), une agence de développement internationale.
Dans un communiqué publié avant le sommet à Lisbonne ( capitale portugaise) cette fin de semaine, qui vise à promouvoir le partenariat entre les deux continents, Oxfam International a appelé l'UE à être plus flexible et à donner un laps de temps supplémentaire pour les négociations. Les accords provisoires qui sont déjà parafés doivent avoir une flexibilité maximale mise en application.
"Il est ironique de dire à la veille d'un sommet qui porte sur le partenariat, que l'UE a exercé d'énormes pressions sur les pays en voie de développement afin de signer des accords de libre échange qui pourraient être nuisibles à leur développement économique", a déclaré Amy Barry, la porte-parole de Oxfam.
Comme certains responsables se préparent à se rendre au sommet UE-Afrique pour des négociations en fin de semaine sur des questions allant du changement climatique, en passant par le commerce et l'intégration économique, à la paix et la sécurité, les efforts visant à mettre au point une série d'accords commerciaux entre l'UE et quatre régions africaines s'intensifient.
La date butoir de ces accords est décembre, mais jusqu'à présent seuls quelques pays des deux des quatre régions ont signé les accords intérimaires et aucun accord n'est complètement terminé.
"Plusieurs gouvernements africains ont exprimé leurs inquiétudes sur le contenu et le calendrier de ces négociations, à l'instar de beaucoup d'autres, dont les groupes de société civile, des syndicats et le FMI, mais l'UE est inflexible et insiste sur le calendrier. Si une sorte incorrecte d'accords est conclue, beaucoup de personnes très pauvres perdront leur emplois et les dépenses pour la santé et l'éducation se réduiront".
En novembre, le Kenya a signé un accord commercial provisoire avec l'UE, en attendant la signature d'un pacte complet début 2008 dans le cadre des efforts visant à épargner l'investissement d'un milliard de dollars.
Les pays de la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE) vont conclure les négociations sur l'accord commercial complet avec la Commission européenne alors que le pacte commercial de transition garantira le commerce continu avec l'Europe à partir du 1er janvier 2008.
Le secrétaire permanent du commerce du Kenya, David Nalo a indiqué que cinq pays africains : le Kenya, l'Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi, ont signé l'accord pour éviter des perturbations commerciales, qui pourraient affecter les exportations vers l'UE, laissant la région plus vulnérable aux fluctuations de la devise étrangère causées par le manque de devises.
L'accord a été signé sur fond de plaintes de la société civile, qui a déclaré que le fait de lier l'aide aux accords commerciaux signifient que les Africains ne se trouvent pas en position de résister au processus de négociations.
Le Burundi et le Rwanda se sont vus donner une pause de deux ans, effective à partir de janvier 2008 à décembre 2009, pour leur permettre d'appliquer le régime de taxation commun de la CAE, qui comprend une taxe zéro pour toutes les matières brutes, une taxe de 10% sur les produits semi-fini et une de 25% pour les articles industriels finis.
Ces deux pays ont rejoint la CAE en juillet cette année et sont dans le processus de mettre en application le régime de taxation régional commun.
« source xinhuanet »
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