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La lutte contre l’inflation en Tunisie, est l’un des objectifs majeurs de l’action des autorités tunisiennes, Banque Centrale de Tunisie en tête. Le ministère du commerce régule certes encore les prix d’un certain nombre de produits de toute première nécessité, mais le gros des efforts des pouvoirs publics pour protéger le pouvoir d’achat du consommateur, passe par l’augmentation annuelle des salaires. Il y a pourtant d’autres moyens d’améliorer, sinon d’augmenter, un pouvoir d’achat rongé par la conjoncture internationale (augmentation du prix du pétrole et des matières premières) et l’endettement familial. Lorsqu’on sait par exemple que les télécommunications représentent quelque 8 % des dépenses des ménages, on imagine bien l’impact d’une éventuelle diminution de ces prix, autrement que par des promotions qui encouragent à la consommation ! On pourrait imaginer la même chose, lorsqu’on comptabilisera l’impact des commissions bancaires, l’impact du démantèlement tarifaire non répercuté sur les prix ou encore l’impact des multiples commissions que ne donnent pas les grandes surfaces aux consommateurs !

Arrière les marges !

Un projet de loi sur la consommation a été récemment adopté en France. Il vise essentiellement à faire baisser les prix dans les grandes surfaces et la téléphonie mobile. Ce projet de loi pour le développement de la concurrence au service des consommateurs autorise surtout les distributeurs à intégrer dans leurs prix les «marges arrière», ces réductions différées versées par le fournisseur au distributeur.

Les marges arrière les plus connues sont celles que les chaînes de grandes surfaces négocient avec leurs fournisseurs, sous peine de déréférencement. En France, elles sont typiquement de 30 à 35 % du prix d'achat et, dans des cas extrêmes peuvent atteindre le taux de 60 %.

Les marge arrières peuvent prendre des formes diverses : contrat de coopération commerciale, RFA (Remise de fin d'année), etc. La puissance d’achat de la grande distribution incite les fournisseurs, qu'un déréférencement peut mettre en difficulté, voire acculer à la ruine, à accepter ces conditions. Celles-ci sont parfois accusées de masquer partiellement la vérité des prix en faussant les calculs de marges.

L’avant dernier rapport du Conseil de la Concurrence en Tunisie, en a fait largement état, lors de son étude sur les cas d’abus de situation de dépendance économique des grandes surfaces en Tunisie. Dans d’autres pays, comme la France puisqu’on en parle, on accorde une grande importance à cette question que suivent les conjonctures économiques et l’on se rend compte de ce phénomène commercial, augmente de 35 %. En Tunisie où l’on ne suit pas encore cette pratique commerciale que le Conseil de la Concurrence avait pourtant dénoncée, aucun chiffre n’existe à ce propos. Les autorités commerciales, comme les grandes surfaces n’en nient pour autant pas l’existence. On peut dès lors imaginer l’impact de rétrocession au consommateur de telles marges !

Pourquoi pas une loi sur la consommation ?

Le projet de loi français permet par ailleurs la gratuité des appels aux services d'assistance technique (hotlines) des opérateurs et aux numéros verts passés depuis des téléphones portables. Il intègre aussi les appels vers les services de renseignement dans les forfaits de téléphonie mobile. Les appels vers les numéros surtaxés ne devront pas donner lieu à facturation tant que l'appelant n'aura pas été mis en relation avec un interlocuteur physique.

Deux articles concernent les services bancaires. L'un propose la création d'un relevé périodique des frais bancaires, dont les agios. L'autre impose à la banque de fournir une simulation de variations des taux au moment de l'obtention d'un prêt à taux variable. Améliorer le pouvoir d’achat du Tunisien, passe aussi par la mise au point d’une politique, structurée et clairement édictée, de lutte contre ces pratiques commerciales qui soutirent au consommateur de très petites quantités d’argent sur une multitude de produits et de services, mais qui [ces toutes petites quantités d’argents], mises ensemble, constituent un important pactole qui grève le pouvoir d’achat !

Le gouvernement tunisien vient de passer une nouvelle loi sur l’initiative économique devant la Chambre des députés qui l’a adoptée. Une loi qui rassemble tous les textes qui codifient et encouragent la création d’entreprises et de postes d’emplois. Le gouvernement tunisien devrait aussi penser à une loi sur la consommation qui remettra de l’ordre dans les dépenses de ce consommateur qui n’a jusqu’ici pas de véritable organisation pour le défendre contre les excès des un et des autres. Rester dans la spirale des augmentations, des prix et des salaires, ne peut être qu'une solution inflationniste et qui gangrène les capacités concurrentielles de l’économie du pays ! Les dépenses augmentant de part et d’autre d’une manière sur laquelle les pouvoirs publics n’ont des fois aucun contrôle et  une loi sur la consommation devient à notre sens une priorité ! 
"source A.M"

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Tag(s) : #articles de presse
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