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Lors d'une conférence récente à Tunis, les experts ont évoqué le statut de l'accord d'Agadir, qui prévoit la création d'une zone de libre-échange entre la Tunisie, le Maroc, la Jordanie et l'Egypte. Les opinions ont différé concernant le progrès vers sa mise en oeuvre, mais la majorité des intervenants a reconnu que l'inclusion de la société civile comme celle des organisations commerciales étaient essentielles à la réussite du projet.

Des diplomates et des experts commerciaux se sont réunis lors d'un séminaire à Tunis, le 3 avril. Leurs évaluations des résultats obtenus par les Etats-membres de l'accord d'Agadir, prévoyant une zone de libre-échange entre des nations méditéranéennes arabes, ont différé quelque peu.

L'Accord d'Agadir comprend la Tunisie, le Maroc, la Jordanie et l'Egypte et vise non seulement à améliorer les relations commerciales entre les membres, mais également entre les nations arabes et l'Union européenne.

Hardy Ostry, officiel de la fondation Konrad Adenauer, qui a parrainé l'événement en coopération avec le Centre des Etudes Méditerranéennes et Internationales de Tunis, a a fait part de sa conviction que l'accord "se dirige dans la bonne direction et qu'il est une excellente opportunité pour les populations de la région d'atteindre la stabilité et la croissance".

Azzam Mahjoub, expert en économie, a regretté l'absence de la société civile et des communautés d'affaires à différents stades de la mise en oeuvre de l'accord. "Dans nos sociétés", a-t-il commenté, "nous commençons des discussions approfondies sans même nous enquérir de la société civile. Dans d'autres pays, la société civile peut faire des objections à la signature de n'importe quel accord".

L'accord, conceptualisé en 2001 mais qui n'avait pas eu d'effet avant avril 2007, vise à obtenir la croissance régionale et à combler les vides entre les rives de la méditerranée. "L'accord a encore un long chemin à faire avant d'atteindre ces objectifs", a dit Mahjoub. "La part des investissements étrangers dans les quatre pays est mince, et dépasse difficilement 0.6% des investissements globaux. Celle du commerce extérieur dans les quatre pays se monte difficilement, lorsqu'ils sont tous réunis, à 0.5%."

Malgré tout, Mahjoub a exprimé son optimisme "en raison de l'ouverture économique dont les quatre pays font aujourd'hui l'expérience, ce qui leur permet de répondre à l'une des normes d'intégration économique". Il a conseillé aux états-membres de l'accord d'Agadir développer le secteur des services et de réduire les barrières douanières.

Nejib Zerouali, ambassadeur du Maroc en Tunisie, a dit qu'il était prématuré de "mettre l'accord d'Agadir en jugement". Il a déclaré soutenir l'inclusion des organisations de la société civile dans sa mise en oeuvre, mais il a également noté que nombreuses parmi elles n'étaient guère au fait des termes de cet accord.

Zerouali a été tout aussi réticent à comparer l'accord d'Agadir à son équivalent sud américain. Il a qualifié de telles comparaisons d'"inapplicables, parce que la plupart des états-membres dans notre accord ne sont indépendants de toute occupation que depuis cinquante ans, tandis que les états d'Amérique du Sud ont obtenu l'indépendance au dix-neuvième siècle".

Amr Elshoubaki , du Centre Al Ahram pour les Etudes Stratégiques, prédit une réussite remarquable pour l'accord, parce qu'il ne prône aucune devise idéologique ou politique et qu'il maintient une polarisation étroite, comme "l'Union Européenne dans ses premières années, lorsqu'elle est apparue en 1951 par le biais d'un accord sur le charbon".

Mohamed Nachtaoui, professeur à l'Université de Droit de Marrakech, a exprimé son optimisme concernant l'accord, et a déclaré qu'il était "curieux concernant l'impact de la convention de libre-échange signée entre le Maroc et les Etats-Unis sur l'accord d'Agadir, particulièrement en termes d'agriculture".

En réponse à une question posée sur la possibilité d'inviter d'autres pays, comme l'Algérie, à signer l'accord d'Agadir, l'ambassadeur Zerouali a dit qu'il serait préférable "d'aller lentement, jusqu'à ce que le nouveau-né fasse ses premiers pas. Aller trop vite pourrait créer plus de mal que de bien".
"source Magharebia.com"

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Tag(s) : #articles de presse
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