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Assurer la gestion des pépinières d’entreprises et créer un prix national du meilleur projet

M. Chadli Laroussi, ministre de l’Emploi et de l’Insertion professionnelle des jeunes, a mis l’accent, vendredi, au cours de la conférence périodique des présidents-directeurs généraux des établissements bancaires, sur le rôle stratégique du secteur bancaire dans l’appui des jeunes à la création de projets.

Il a insisté, également, sur le rôle des institutions financières dans le soutien de l’initiative privée et la sensibilisation sur les opportunités d’investissement dans les secteurs innovants.

Il a souligné l’importance qu’il y a de faciliter les mesures d’octroi de crédits en vue d’aider les jeunes à surmonter les difficultés financières et à s’installer pour leur propre compte, indiquant que la croissance économique, la création d’emplois demeurent tributaires de la promotion de l’investissement privé.

Le ministre a mis en exergue l’importance de la coordination entre les structures chargées de l’emploi et les établissements bancaires en matière d’étude et de financement des projets des jeunes promoteurs, l’objectif étant de fournir un meilleur encadrement à ces jeunes au cours des premières années du démarrage de leurs projets.

Il a souligné que les structures relevant du ministère de l’Emploi contribuent à l’étude de certains projets de jeunes promoteurs et œuvrent à les présenter aux institutions financières.

Il a également fait remarquer que ces structures s’emploient à développer les programmes d’encadrement et de formation des jeunes intéressés par le lancement de projets innovants, soulignant que ces programmes de formation et de travail indépendant enregistrent une grande affluence de la part des diplômés et seront renforcés et diversifiés pour en faire bénéficier un grand nombre de jeunes dans les régions intérieures prioritaires.

 

Inciter les jeunes à l’initiative privée

 

Le ministre a indiqué que la stratégie nationale pour impulser la création d’entreprises et promouvoir l’investissement privé vise notamment à inciter les jeunes à l’initiative privée et à créer des projets dans les secteurs à haute valeur ajoutée.

Il s’est félicité de l’évolution du rythme d’implantation des entreprises étrangères en Tunisie et de réalisation de grands projets qui offriront de nouvelles opportunités d’emplois.

De son côté, M. Afif Chelbi, ministre de l’Industrie, de l’Energie et des Petites et Moyennes entreprises (PME), a souligné la nécessité de promouvoir le rôle des banques dans le financement de la création d’entreprises et de projets, dès la réalisation de l’étude de faisabilité, outre l’encouragement de la création de projets favorisant l’économie d’énergie.

Le ministre qui intervenait, vendredi, dans le cadre de la même conférence, a fait remarquer que les divers programmes et mécanismes d’appui à la création d’entreprises ont permis d’accompagner environ 6.000 promoteurs et de réaliser près de 1.000 projets au cours de la période allant de début 2007 jusqu’au mois d’avril 2008, sachant que 3.000 autres projets sont en cours de réalisation.

L’Agence de promotion de l’industrie (API) dispose, à ce titre, d’une banque de projets qui compte environ 1.000 idées de projets classées selon les secteurs d’activités, le coût et les composantes, a fait savoir le ministre.

M. Chelbi a évoqué au nombre des problématiques rencontrées en matière de financement, la complexité et la longueur des procédures de parachèvement des schémas de financement, appelant à cet effet à créer une commission qui regrouperait des représentants des banques commerciales pour examiner, cas par cas, les projets déjà agréés par la Banque de financement des petites et moyennes entreprises (Bfpme) mais non encore approuvés par les banques commerciales.

 

Recourir au financement mixte

 

Il a suggéré d’autoriser la Banque de financement des petites et moyennes entreprises (Bfpme) à recourir au financement mixte seulement au cas où la valeur des investissements dépasserait les 500.000 dinars, de manière à couvrir 72% des projets des nouveaux promoteurs et des PME.

M. Chelbi a appelé les banques à assurer la gestion et l’assistance des pépinières d’entreprises, et ce, en les dotant des ressources matérielles et logistiques, outre la création d’un prix du meilleur projet national et régional à l’occasion des mercredis de création d’entreprises, comme c’est le cas dans les pays développés.

Il a mis l’accent sur l’impératif d’assister au mieux les jeunes promoteurs et d’améliorer la qualité des études de projets, et ce, à travers l’examen de la possibilité d’un préfinancement à hauteur de 70% du coût de ces études. Cette somme, a-t-il ajouté, devrait être remboursée une fois que le projet est agréé par la commission d’octroi des avantages financiers.

De son côté, M. Chelbi a mis l’accent sur l’importance de la question de l’efficacité énergétique et du financement du programme d’économie de l’énergie, passant en revue les résultats probants enregistrés par le programme triennal de maîtrise de l’énergie (2005-2008) lequel a permis, 6 mois avant son parachèvement, de réduire de 8% la demande énergétique, soit 700.000 tonnes équivalent pétrole (TEP) au cours de l’année 2007.

Il a affirmé que, face à l’actuelle conjoncture caractérisée par la hausse continue des prix des hydrocarbures, il a été décidé de poursuivre cette orientation et de la consolider dans le cadre d’un nouveau programme de maîtrise de l’énergie couvrant la période (2008-2011). «Ce qui va permettre, a-t-il dit, de réduire de 20% la demande en énergie, soit l’équivalent de 2 millions de TEP».

 

Priorité à la maîtrise de l’énergie

 

Le ministre a passé en revue, à cette occasion, les programmes de financement des projets industriels au cours de la période (2005-2007), relevant que la valeur des investissements réalisés au cours de cette période a atteint les 124 millions de dinars dont 5% seulement ont été financés par voie bancaire, le reste provenant du Fonds national de maîtrise de l’énergie (Fnme) à hauteur de 12,5% et du financement propre (82,5%).

M. Chelbi a souligné qu’en dépit de la rentabilité des projets de maîtrise de l’énergie, la contribution des banques demeure en deçà des objectifs escomptés, n’étant estimée qu’à 5%. Ceci, a-t-il ajouté, s’explique par le manque d’engouement manifesté par les banques pour l’approbation des crédits destinés au financement des projets d’efficacité énergétique, et ce, compte tenu de la spécificité de ce type d’investissement.

Au sujet de la consolidation du rôle des banques dans le financement des projets de maîtrise de l’énergie, le ministre a appelé à renforcer la capacité des banques en matière de formation des responsables des départements des PME dans le domaine de la maîtrise de l’énergie et à optimiser l’exploitation des financements apportés par les institutions internationales et la coopération bilatérale, outre l’incitation des banques à accorder la priorité au financement des projets d’efficacité énergétique et à assouplir les conditions de garantie des prêts.

Les P.-d.g. des banques ont été unanimes pour souligner que les défis auxquels fait face, aujourd’hui, la Tunisie exigent, entre autres, une nouvelle approche du métier bancaire lequel se doit de transcender le simple stade de mobilisation de l’épargne et du financement de l’économie, pour celui du suivi, assistance et conseil en matière de création d’entreprises.

 

Un compte bancaire pour deux habitants

 

Ils ont souligné, au cours de la deuxième journée de la conférence périodique des P.-d.g. des banques (6-7 juin 2008) que les réformes engagées dans le secteur bancaire et les préparatifs pour le passage aux règles de Bâle II (dispositif prudentiel pour mieux gérer les risques), impliquent des banques un surcroît d’efforts aux fins de diversifier leurs produits, d’améliorer la qualité de leurs services et d’identifier de nouveaux mécanismes de financement.

M. Taoufik Baccar, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) a donné, à cette occasion, une communication sur «L’état des lieux du secteur bancaire», au cours de laquelle, il a indiqué que 2007 a été pour le secteur bancaire l’année de l’accès à une deuxième génération de réformes instituées par la BCT, depuis 2006.

M. Baccar a souligné que les encours des banques à l’économie ont dépassé en 2007 les 27.459 millions de dinars, en progression de 9,8% par rapport à 2006. En 2007, 80% du total des souscriptions aux bons de Trésor de l’Etat ont été assurées par les banques, a-t-il ajouté.

Le gouverneur de la BCT a mis en exergue les résultats probants enregistrés dans ce secteur dont l’accroissement du nombre des agences bancaires, soit une agence pour 10.000 habitants et un compte bancaire pour deux habitants, des taux très proches de la moyenne enregistrée par les pays développés.

De même, le taux de rendement des crédits a évolué au taux de 7,1% en 2007 contre un coût estimé à 3,4% a encore souligné M. Baccar.

 

Maîtriser les créances classées

 

En ce qui concerne les créances classées, M. Taoufik Baccar a indiqué que l’encours de ces crédits a atteint en 2007 environ 5.509 millions de dinars, soit l’équivalent de 17,1% du total des crédits dont 55% sont couverts par les épargnes.

Les banques sont appelées, a-t-il dit, à rationaliser leurs politiques en matière d’octroi des crédits, à renforcer les résultats déjà enregistrés et à maîtriser les créances classées en réduisant leur niveau à 15% en 2009.

S’agissant du leasing, M. Baccar a affirmé que l’évolution qu’a connue le secteur lui a permis d’améliorer sa contribution à la formation brute de capital fixe (Fbcf) au taux de 11,7% en 2007 contre 9,7% en 2006.

 

Réussir l’entrée en vigueur de Bâle II

 

Le gouverneur de la BCT a appelé les banques à explorer de nouveaux marchés, notamment, dans les pays voisins qui sont demandeurs de ces services, ce qui ne manquera pas de promouvoir le secteur et d’exporter l’expertise bancaire tunisienne.

Evoquant l’application des règles de Bâle II par les banques tunisiennes, M. Baccar a fait remarquer que la Tunisie a adopté une démarche progressive, à cette fin, relevant que la commission chargée d’assurer le suivi du passage à Bâle II se penche actuellement sur l’élaboration d’un programme complémentaire pour réussir l’entrée en vigueur de ces règles d’ici fin 2008.

"source la presse 08.06.20083
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