La Banque Internationale Arabe de Tunisie -BIAT- a poursuivi en 2006 la consolidation de ses assises financières, augmentant ses fonds propres et renforçant la protection de ses déposants. Cette année a tout aussi vu les indicateurs de la qualité des actifs s’améliorer sensiblement, augurant de meilleurs lendemains. Mais l’année 2007 ne paraît pas confirmer ces tendances, les résultats intermédiaires nous rendent sceptiques…
Détérioration de la qualité des actifs en 2007 !
Les indicateurs de la qualité des actifs de la BIAT ont en effet été améliorés en 2006, bénéficiant d’une augmentation de capital rendue nécessaire par le risque élevé que faisait planer le volume de crédits non performants atteint. Il est vrai que le risque non couvert pesant sur les fonds propres s’élevait à 69% au terme de l’année 2005. Il a été réduit à 46,8% à la suite de ce renforcement du capital. Un effort certes louable mais non suffisant, compte tenu du volume de crédits non performants atteint, proche de 405MD au terme de l’année 2006.
L’année 2007, du moins jusqu’au 30 Juin, ne semble pas confirmer la BIAT dans son nouveau chemin. En atteste la recrudescence des crédits non performants, toujours en augmentation par rapport aux fonds propres. Le risque non couvert ayant à nouveau atteint un niveau élevé égal à 61,7% !
Le risque que font peser ces crédits sur les actionnaires de la banque est encore plus accentué par la persistance d’un faible niveau de provisionnement. La couverture des créances classées par les provisions s’est améliorée en 2006, passant de 49,4% une année auparavant à 56,1%. Un niveau qui reste dans l’ensemble faible renforçant ainsi le risque de déperdition du capital. Ce même indicateur s’est établi à 52,2% en Juin 2007. Une évolution qui traduit une élévation des crédits non performants, non suffisamment couverts par les provisions.
Ce ratio était en 2006 égal à 14,5%, il est proche de 17% en Juin 2007. Une correction de la production lors du deuxième semestre de l’année 2007 est ainsi devenue nécessaire pour la réalisation des objectifs de rentabilité fixés.
Baisse de la rentabilité en 2006…
L’année 2006 a enregistré un retour sur fonds propres égal à 5,5%, inférieur à celui réalisé en 2005. Le produit net bancaire s’est certes amélioré, enregistrant une croissance de 18,8% entre 2005 et 2006. La maîtrise des charges aussi, comme en témoigne le coefficient d’exploitation, qui est passé de 66,7% au terme de l’année 2005 à 59,6% en 2006 ! Les causes de la baisse de la rentabilité sont donc à chercher ailleurs. Elles sont en effet liées aux provisions constituées qui ont augmenté de près de 60% entre 2005 et 2006. Le stock de crédits non performants que traîne la BIAT depuis de longues années ne cesse d’impacter ses résultats et ses performances présentes. La récente augmentation de capital redue inéluctable pour l’assainissement de la situation financière a aussi pesé sur la rentabilité. Le bénéfice réalisé devant rémunérer plus de fonds propres.
Qu’en sera t-il en fin d’année ?
Le résultat net intermédiaire affiché par la BIAT en 2007 a été légèrement en baisse par à 2006. La qualité de la production nouvelle a sûrement encore eu un impact négatif, dans la mesure où la constitution de provisions a encore réduit les bénéfices générés.
Les résultats en fin d’année 2007, seront largement tributaires des corrections à apporter au courant de ce deuxième semestre. Le réseau collectant bien les ressources (les crédits représentant près de 67,8% des dépôts en juin 2007), le coefficient d’exploitation est maintenu au même niveau qu’en 2006. L’amélioration de la qualité des actifs, notamment la nouvelle production, paraît par conséquent être le facteur qui déterminera la performance de la BIAT en 2007. Wait and see !
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